La librairie est morte, vive la... ?

La quoi ?
Le monde de la librairie vit une mutation sans précédent, le commerce électronique et la dématérialisation du livre .
Comment les libraires doivent-ils s'adapter à cette nouvelle donne ?
Si la librairie d'aujourd'hui est morte, alors quelle sera-t-elle demain ?

jeudi 4 septembre 2014

Pour une économie du li(v)re circulaire et moléculaire (vidéos)

Les langues se délient, on commence à entendre les politiques avouer que le numérique, l'informatique, l'électronique, le digital, le web, l'internet, la technologie, bref appelez-le comme vous voulez, va ou vont détruire des emplois...
C'est une partie des analyses de Paul Jorion, dont vous pouvez lire une interview ici : « Pourquoi le travail et l'emploi vont disparaître »


Une autre raison semble s'ajouter (cause, effet ?) : la désintermédiation.
Nouveau mot à la mode ?
Non.
La désintermédiation existe depuis la nuit des temps mais comme souvent, l'évolution technologique (oserais-je dire le progrès ?) accentue et accélère le phénomène.

Au-delà de l'économie du livre, c'est l'économie tout entière qui est en train de muter, et même l'ensemble de la société.
Pour vous en donner un aperçu, je vous conseille de lire l'excellent livre de Julien Cantoni « La société connectée » aux éditions Incultes.
Ce livre parcourt l'ensemble des champs de notre société et y décrit le séisme qu'occasionne l'arrivée du numérique dans nos vies.
Dans nos vies à tous, mais surtout dans celles des institutions qu'elles soient publiques ou privées encore trop verticales face à l'horizontalisation qui s'opère.
Le citoyen parait beaucoup plus adapté et agile aux nouvelles technologies que ne le sont parfois nos dirigeants.
Pour la première fois peut-être dans l'histoire de l'Humanité, le citoyen est en avance technologique sur ses institutions (publiques et privées) que ce soit en terme d'équipement (Cf. dans le commerce par exemple, tous les billets sur l'utilisation des smartphones en magasin par exemple, alors que le vendeur n'est pas connecté) que d'usage : réseaux sociaux, téléchargements (légaux et/ou illégaux)... etc.

Qu'en est-il dans le domaine du livre et de la lecture ?

Le constat est le même, voire pire, tant ces métiers sont réfractaires à l'économie numérique et aux changements technologiques.
Plusieurs chemins se présentent à tous les acteurs du li(v)re en général et de la librairie en particulier.

En voici un qu'il semble nécessaire d'explorer car plus ouvert, plus collaboratif, bref plus solidaire.

Plutôt que de rejeter l'évolution numérique, peut-être faudrait-il s'en faire une alliée.

Du pair à pair (peer to peer) d'antan (Napster...) à celui d'aujourd'hui, on assiste à une désintermédiation accélérée des acteurs de l'économie.
Pour faire des économies, baisser les prix et/ou retrouver du pouvoir d'achat, tout le monde désintermédie à tout va, Cf. les exemples de Blablacar, Ouicar, airbnb, Uber...
Laissant un goût amer pour les métiers traditionnels, parfois à juste titre.

Dans le domaine du livre, celui qui a annoncé la couleur, il y a plusieurs années maintenant, n'est autre que Jeff Bezos, « L'important, c'est l'auteur et le lecteur ».
A bon entendeur...

Faut-il donc s'étonner de la nouvelle série très suivie en ce moment (plus que le Trône de fer ?;) des (non)négociations entre Amazon et Hachette ?

Après l'auto-édition, enjeu primordial au niveau planétaire pour Amazon, et la soumission des petits et moyens éditeurs (ceux qui n'ont pas de distributeurs en France par exemple, à part Amazon lui-même, et à ses conditions), c'est maintenant au tour des gros.
Et quitte à attaquer un gros, autant prendre l'un des plus gros : Hachette.

Mais n'est-il pas étonnant de constater le soutien des libraires à... Hachette ?
Les libraires soutiennent l'éditeur et non le libraire, Amazon étant une sorte de libraire (puisqu'il vend des livres et de la lecture).
Mais Amazon est un concurrent redoutable, et déloyal, des libraires...
Etonnement car il n'y a pas si longtemps les libraires accusaient Hachette d'octroyer de trop faibles remises commerciales.
Amazon n'est-il pas le premier libraire à vouloir renverser (à son avantage) l'équilibre entre éditeurs et libraires ?
Amazon n'est-il pas le premier libraire à imposer ses conditions aux éditeurs ?
Les libraires sont-ils donc pour Hachette ou contre Amazon ?
Tant de questions...

QUI va gagner au jeu de la domination ?
Aïe, le mot est lâché.

Amazon semble avoir des velléités de développement.
Peut-on lui reprocher ?
Ne doit-on pas surtout se reprocher de regarder en s’indignant et en laissant faire ?
C'est ce que semble penser Jacques Attali dans cet article récemment paru : « Amazon, et après » :

« Éditeurs, libraires et auteurs doivent s’en prendre à eux mêmes, en particulier en France : s’ils avaient anticipé la révolution digitale, s’ils n’avaient pas tout fait pour transformer le projet de Très Grande Bibliothèque, qui devait, dix ans avant l’émergence d’Amazon, être numérique, en une bibliothèque physique de plus, antédiluvienne et mal commode […]. »

Et pendant que nous regardons, d'autres se réunissent pour tenter de penser et de construire une alternative : « Building a Better Amazon »,  Think different :

« But, ultimately, we found that perhaps the best way to get traction against a dominant player like Amazon is not to build something equally titanic, but to build something wee, something human. Grassroots. Peer-to-peer. Something simple. Distributed. Democratic. Something that will turn the focus back to art and away from commerce and shareholders. Connection. Emotion. Humanity. Maybe each one of us should be a bookstore? »

C'est une autre voie (voix) qu'il est donc urgent d'emprunter (et de diffuser), la voie de l’équilibre, la voie qui mènera à transformer la chaîne de valeur du livre en une constellation de valeur du li(v)re.
Face aux tentations de monopole fermé et centralisé (et de domination), ne faut-il pas proposer une solution ouverte, décentralisée, mutualisée, bref commune (moléculaire), à l'opposé de la domination des uns sur les autres ?

Que faire, comment faire ?
Il y a un courant de pensée qui ne cesse de progresser dans tous les milieux, celui du collaboratif au service du Commun.
Crowdfunding, coworking, covoiturage, bien venue à l'économie de l'usage et du partage.
L'un des principaux penseurs n'est autre que Michel Bauwens (bientôt traduit en France), Cf. une vidéo explicative de sa pensée : « Vue d'ensemble de l'économie collaborative avec Michel Bauwens ».



Je ne vais pas entrer dans le détail ici, cette vidéo retraçant l'essentiel de sa pensée, notamment sur la notion de "capitalisme netarchique", mais retiens ceci :

« Dans un nouveau modèle du coopérativisme ouvert, une fusion pourrait s'opérer entre la production ouverte de communs entre pairs et la production coopérative de valeur ».

Sur l'économie collaborative, Cf. ce très bon résumé, « L’économie collaborative : produire et consommer autrement »

Et ici, l'émission retransmise sur Canal+, « Global partage », maintenant disponible en clair :



Or, s'il y a bien un domaine dans lequel le Commun et le partage devrait se développer, c'est bien celui de la Culture.

Dans le domaine du livre, il faut suivre l'excellent blog de Silex de Lionel Maurel, qui explore la potentielle évolution du droit dans les sciences de l'information.
Lionel Maurel a écrit également plusieurs billets concernant le thème de la propriété dans le sillage de l'économie libre et collaborative chère à Michel Bauwens : Peer Production Licence.
Pour un autre droit d'auteur ?

Le « barbare » toute catégorie reste Amazon. Et on ne peut pas reprocher à Jeff Bezos de le faire à l'insu de tout le monde puisqu'il l'a annoncé depuis des années.  Et peut être de certains de penser : il n'y arrivera pas ou on ne le laissera pas faire. C'est mal le connaître.

Tous les secteurs sont touchés par la désintermédiation.
D'ailleurs peut-on (doit-on) reprocher aux agriculteurs de proposer à leurs clients de venir cueillir leur production directement dans le champ pour avoir des prix plus bas ?
Qui est contre La ruche qui dit oui ?
Qu'en pensent la grande distribution, les  commerçants ?
Ont-ils le choix ?

Il en est de même dans le livre, papier et numérique.
Est-ce un bien ou un mal ?
Peut-on l’éviter  ?
Il suffit de lire la partie de l'article du journal Le Devoir : « Renaud-Bray dit vouloir changer les choses dans le monde du livre » concernant le bras de fer entre la librairie québécoise Renaud-Bray et Dimedia (distributeur au Canada) pour comprendre le malaise lié à l'intermédiation forcée ?, et dépassée ?
Blaise Renaud :

« C’est l’ajout d’un intermédiaire qui a un impact colossal sur les résultats financiers des éditeurs et des libraires, poursuit celui qui se voit autant comme commerçant que comme libraire. Au Québec, la distribution est devenue une business privée. Je n’ai pas de mal avec un mandat de grossiste : rendre le produit disponible avec peu de préavis à ceux qui en ont besoin et qui sont prêts à payer un peu plus cher pour être en mesure de recevoir à peu près n’importe quoi à l’intérieur de 24 h ou de 48 h. » Ce qui est un peu le principe de la SAQ, pour faire une comparaison grossière. « Mais je suis en mesure de constater aussi ce qui n’est pas disponible chez les fournisseurs, qu’on va être obligés de demander, qui va mettre deux mois en bateau pour arriver, qui va être réceptionné et réemballé chez les distributeurs, réexpédié chez moi. Pendant tout ce temps, à chaque étape, même les retours, le distributeur fait des profits. »

Comment s'adapter à ce processus de désintermédiation ?
En luttant contre ?
En faisant que ces mutations renforcent les partenaires et rééquilibrent la place (et les revenus) de chacun des acteurs, auteurs compris ?

Dans un monde où l'écologie prend de plus en plus de place, réjouissons nous-en, peut-on encore se permettre de tels tirages, de tels allers et retours (le papier est lourd, le pétrole augmente, quid des rejets de CO2...etc.), de tels pilons et de tels délais ?
La prochaine révolution annoncée est celle de l'impression 3D, qui va certainement rebattre les cartes à la fois de la production industrielle mais aussi de la logistique.

En lisant le livre de Christophe Sempels, « Les business models du futur » aux éditions Pearson, on comprend en quoi l'économie évolue aussi de plus en plus vers l'économie de la fonctionnalité et l'économie circulaire, dite du "craddle to craddle".
La logique économique de baisse des coûts (Lean) et écologique du livre voudrait donc que l'on réduise les coût visibles et cachés de manière forte en instituant également l'amélioration continue.
Peut-être ainsi verrait-on les marges de chacun augmenter ?

En permettant l'impression à la demande (POD) chez un imprimeur (imprimer est un métier) local, régional, au service de l'éditeur et à proximité des libraires, vous supprimez en grande partie le transport des livres, vous diminuez de manière sensible le stock en librairie (réassort ultra-rapide), vous augmentez la rotation, vous réduisez donc potentiellement la surface et donc le loyer.
Il y a également la solution de l'EBM, Expresso Book Machine, et même si Barnes & Nobles la teste actuellement, outre les livres du domaine public et l'autoédition, je doute fort, et je le comprends, que les éditeurs permettent l'impression de leurs livres sans vraiment connaître la qualité à la sortie.
Et quid des livres illustrés ?

C'est donc l'ensemble des coûts principaux des librairies qui diminuerait drastiquement, la marge augmenterait donc sensiblement, et une partie de ces économies pourrait être mise au service du client par des investissements technologiques (numériques) permettant de réduire la manutention (moins de stock à ranger et retourner), d'augmenter son service client, d'accélérer les délais de livraison (en BtoB et BtoC), d'équiper le libraire à la vente cross canal, de recruter, lui permettant de (re)mettre son métier au cœur des besoins et désirs des clients.

Le livre ainsi rematérialisé au plus près de sa source de vente gagnerait en délai, en coût et satisferait le client libraire et le client final, le lecteur.

Mais que devient le distributeur ?
A-t-il encore une utilité dans ce schéma ?
Et n'est-ce pas un point de blocage essentiel dans la négociation entre Renaud-Bray et les éditeurs, ainsi qu'Amazon et Hachette ? : « Amazon to print out of stock books on demand ? »

Un monde du livre décentralisé (moléculaire), ouvert, équilibré, collaboratif, contributif semble une utopie pour certains...
Mais le monde du li(v)re n'aurait-il pas dû anticiper ces évolutions qui sont (d)écrites depuis des années déjà dans les livres qu'ils publient et vendent eux-mêmes ?
Imaginons une base de données numériques sécurisée comprenant plusieurs centaines de milliers de PDF imprimeurs mis à disposition des métiers du li(v)re : éditeurs (tous, des micro-éditeurs aux majors, régionaux et nationaux) , libraires et imprimeurs à la demande régionalisés (selon une carte nationale établie par l’inter-profession et des cahiers des charges extrêmement précis des éditeurs).
Le libraire peut concentrer son cœur de l'offre "physique" sur ses choix papier (à partir de 5000 références ?) et disposer d'une profondeur de gamme jamais égalée grâce à une base de données de livres numériques (epubs) et de PDF réimprimables à la demande en région, donc livrables au libraire et au client en 24/48h.
Cela voudrait dire que tous les libraires, quelque soit leur taille, seraient capables de rivaliser avec les plus grands acteurs mondiaux.
Que deviendrait alors Amazon sur le plan de li(v)re ?

Si Amazon le fait, cela veut dire que c'est technologiquement possible.
Pourquoi les libraires indépendants ne pourraient-ils pas le faire en investissant le numérique avec les partenaires des métiers du li(v)re et en se différenciant, en mettant l'humain (les lieux et les libraires) et les métiers au cœur de leurs préoccupations et de celles des clients/lecteurs ?
Tous les services, tous les logiciels, tous les métiers, toutes les compétences... etc. existent et sont sourcés, et à des coûts de plus en plus abordables, d'autant s'ils sont mutualisés.

Une autopie ?

Pourtant, certains l'ont fait :
« Esprit de coopération et développement d'une agriculture biologique durable, transparence et équité des relations commerciales, qualité des produits et participation des consom'acteurs sont les piliers d'un texte fédérateur pour les acteurs du réseau. » Charte Biocoop

Esprit de coopération et développement d'une culture de la lecture et du li(v)re durable, transparence et équité des relations commerciales, qualité des li(v)res et participation des lecteur'acteurs sont les piliers d'un texte fédérateur pour les acteurs du réseau. Charte xxx ?

J'aime entendre dire : "Impossible n'est pas français !"

A nous de jouer !

Le livre et la lecture vous tiennent en joie !

samedi 14 juin 2014

Les libraires aussi pourraient avoir la CLEF du succès...(vidéo)

Cyberlibris aurait-il la CLEF du numérique ?

La première fois que j'ai rencontré Eric Briys, l'un des fondateurs de Cyberlibris, c'était à l'ENSSIB à Lyon, il y a 3 ou 4 ans.
Nous assistions tous les deux à un séminaire sur le livre et le numérique.

Ce qui m'avait interpellé à l'époque, c'est cet amour inconditionnel au livre, au savoir et à sa diffusion.
Véritable rat de librairies, je compris mieux en quoi cet ancien "baroudeur" de la finance, auteur à ses heures, eut un jour l'idée folle (nous sommes en 2001) de se lancer dans la création d'une plate-forme de lecture en streaming.

Ci-dessous, une présentation en vidéo de Cyberlibris :



Si vous souhaitez en savoir plus, visitez la chaine Youtube de Cyberlibris.

Depuis, Eric et moi nous sommes revus régulièrement, s'inquiétant tous deux de la disparition des grandes chaines du livre qu'étaient Virgin et Chapitre, et des difficultés des libraires indépendants.
Ces disparitions vont-elles venir en aide aux librairies indépendantes ?
Sans nier une embellie passagère, je m'interroge sur l'avenir, tant les challenges à relever sont nombreux...

Qu'à cela ne tienne, Cyberlibris a imaginé des solutions adaptées à chacun des acteurs en lien avec les lecteurs : bibliothèques universitaires, entreprises, collectivités territoriales, les bibliothèques publiques mais aussi les librairies, oui, vous avez bien lu : les LIBRAIRIES.

C'est à travers la CLEF (Culture, Lecture publique, Education, Formation) que Cyberlibris compte apporter une solution d'usage aux territoires français, au territoires numériques français : Territoire numérique.

Cyberlibris propose donc un partenariat aux libraires désireux de proposer à leurs clients particuliers et collectivités des solutions de lecture en streaming.

Et si Cyberlibris avait la CLEF du numérique pour les libraires..
A suivre donc !

Si vous souhaitez approfondir le sujet du numérique et des territoires, je vous conseille de lire le rapport effectué par Claudy Lebreton "Les territoires numériques de la France de demain", à lire ici.

Le livre et la lecture vous tiennent en joie !

samedi 7 juin 2014

Ideas Box (vidéos) : A Library/Media Center in 18 minutes !

Access to education, information and culture in humanitarian situations...

Des  projets comme on les aime...
Je vous laisse découvrir en vidéos le projet de BSF, Bibliothèques Sans Frontière.
Il parait que donner accès et lire en numérique est compliqué...
C'est bleffant de simplicité, cette bibliothèque compacte et mobile est un vrai pied de nez  à l'obscurantisme !
Faites suivre !!


J'en veux une !
;)



Le livre et la lecture vous tiennent en joie !

lundi 31 mars 2014

Internet et médias sociaux, infographie à l'usage des libraires

Très rapide à lire, cette infographie compilée par Novius a le mérite de dresser rapidement un état des lieux et le chemin qu'il faudra prendre afin d'apprivoiser le net et les médias sociaux pour tout un chacun et donc aussi par le libraire...


Internet et médias sociaux : les grands chiffres et tendances 2014 from Novius

Le livre et la lecture vous tiennent en joie !

samedi 15 mars 2014

Le web, le contenu et la librairie (vidéo)

"Dans mes soirées, vous me trouverez toujours en train de lire..."

Venues directement de la Corée du Sud, réputée pour être le pays le plus connecté au monde, Samsung oblige, voici les BD sur le web ou Webtoons.
On aime ou on aime pas...
Je vous propose de découvrir une vidéo qui montre le processus de "production" de ces webBD.


Ce qui m'intéresse ici, et je vous le livre en réflexion c'est la place de chacun des acteurs de la chaîne du livre dans ce processus.
Donc, au fur et à mesure de la vidéo, nous voyons comment se crée l’œuvre pour le web jusqu'à sa commercialisation "gratuite" en ligne, la rémunération venant de la pub, comme sur Youtube.

Cependant, le papier n'est pas oublié... (et donc le libraire ?)

Donc, n'assiste-t-on pas à l'inversion du modèle de publication, depuis le web vers le papier en passant par la pub, le cinéma, l'ebook... avec chacun son imaginaire dédié ?

Mais, ne suis-je pas en train de parler de transmédia ? ;)

Enfin, pour pousser la commercialisation au bout, je vous propose de découvrir un projet lancé par Ikéa il y a quelques années déjà,  "En utilisant simplement les intégrations de liens "on video" de YouTube" :

 

Vidéos
Réseaux sociaux
Une autre manière de mettre le li(v)re en scène (merchandising digital), un plaisir d'achat, une manière ludique et simple de s'informer, voire de commander sur le web.

Le li(v)re et la lecture vous tiennent en joie !

vendredi 7 mars 2014

Le digital bookstore (vidéo) ?

La digital bookstore à portée de tous, c'est maintenant possible.

Démonstration :



Pour aller plus loin et vous offrir une livraison cross canal en moins de deux heures, je vous propose de découvrir Colisweb qui met en contact transporteurs et commerçants afin de satisfaire les clients en terme de commande web et de livraison rapide.

Pour découvrir Colisweb : le site web ici.
Pour écouter Rémi Langaigne, co-fondateur de Colisweb, c'est ici.

Le livre et la lecture vous tiennent en joie !

mercredi 29 janvier 2014

En 2014, mon libraire est un hipster !

Oui, j'ai tardé à publier le billet de ce début d'année 2014.

J'ai tardé car je cherchais l'accroche qui donnerait la tendance de ce blog pour l'année 2014.
En réfléchissant à l'année 2013, en écoutant, en échangeant avec les libraires, en lisant les articles (nombreux) qui sont parus, en participant à des rencontres... etc, je me suis arrêté sur un mot que j'ai souvent entendu dans la bouche des libraires, brandissant ce terme avec l'énergie et la fierté de défendre ces valeurs de tradition qui rendent (a priori) incontestables.

ARTISAN

Oui, ARTISANS, les libraires semblent se définir comme des artisans.
Curieusement d'ailleurs, un libraire se considère plus un artisan qu'un commerçant...
Or, tout le monde le sait, un artisan est souvent (aussi) un commerçant.
Mais passons ce point de détail.

Animant moi-même des conférences, des séminaires, formant les futurs libraires, j'aborde souvent ce thème en disant : "vous savez, on peut être un artisan connecté, avoir un site web marchand, et utiliser tous les moyens technologiques mis à sa disposition pour faire perdurer son métier".
Cela ramène au faible équipement des libraires en sites web, de mémoire, 44% des libraires disposent d'un site web, et 10% sont marchands...

J'ai eu l'occasion de demander à plusieurs libraires (et pas des moindres), à des éditeurs aussi, s'ils avaient lu l'étude de l'Obsoco "Les clients des librairies indépendantes" commandée par le Syndicat de la Librairie Française et présentée à Bordeaux, aux Rencontres Nationales de la Librairie 2013.
Je reviendrais dans un autre billet sur cette étude que je commenterai.

A lire :



Les clients de la librairie indépendante : Rapport définitif de l'Obsoco_2013 from Vincent DEMULIERE

Les réponses ne sont pas très positives... 
Lors d'une rencontre à l'ENSSIB à Lyon ce mois-ci, j'ai été stupéfait de la méconnaissance des libraires (présents) sur les avancées technologiques en matière de commerce.
Surpris d'entendre un libraire découvrir que depuis la création de son site web marchand, les clients, ses clients commandaient de plus en plus sans pour autant bouder la venue en magasin...
Etonné encore d'entendre que le libraire proposait désormais du livre numérique car les clients, ses clients (parfois âgés) lui demandaient, notamment pour des raisons de confort de lecture, et si des conseils de lecture étaient possibles...
Etre à l'écoute des besoins des clients, répondre à leurs demandes, tel est le rôle de l'artisan, du commerçant, du libraire.
Alors bravo à ce libraire d'avoir ouvert son site de e-commerce !
Mais pourquoi les libraires sont-ils étonnés ?
Là est la question.
Depuis des années sur ce blog, mais aussi tous les jours à la télévision, dans la presse, nous constatons tous les mutations, certes accélérées, que nous impose le web.
Libraires, il est grand temps de s'unir et de répondre rapidement aux exigences de vos clients et des autres aussi.
Car seul un petit paragraphe parle des autres clients, ceux qui ne sont pas clients de la librairie indépendante, et qui est, comme je le dis depuis des années, une masse dans laquelle puiser sans modération.

Je reviens à l'ARTISAN.
la connexion s'est faite en lisant un article de GQ de juillet 2013 intitulé "Les néo-artisans : mon boulanger est un hipster" de Claire Hazan et Hugues Lawson-Body.
Hipster, pour résumer rapidement, veut dire anticonformiste.

Résumé : "Ils sont bouchers, boulangers ou brasseurs, et font souffler un vent de jeunesse sur les métiers manuels. Les branchés, aujourd'hui, ce sont eux. [...]" (Le libraire n'est pas cité dans l'article).

Hendrik Dierendonck, Gontran Cherrier, Sébastien Gaudard, Nicolas Julhès, Yves-Marie Le Bourdonnec, Hugo Desnoyer, Florent Deneubourg, Christophe Vasseur, Thimotée Sautereau, Thierry Roche, David Flynn, voilà donc une brochette de néo-artisans qui sont en train de réinventer, à la vitesse de la passion, tous les métiers traditionnels d'artisans/commerçants.
De véritables entrepreneurs, complétement décomplexés, et qui n'hésitent pas à éconduire les instances semblant défendre les intérêts de leurs métiers...

Extraits :

"Les artisans [libraires ?] sont devenus nos nouveaux héros, et leur savoir-faire traditionnel, l'ultime critère du cool".

C'est un fait, le nouvel artisan [libraires ?] est plus proche de la trentaine que de la retraite, bien dans ses baskets (qu'il porte sans hésiter en boutique) et se fout des codes figés de la profession... Sans pour autant sacrifier la qualité du produit".

"Les autres bouchers [libraires ?] me détestent" s'amuse Yves-Marie Le Bourdonnec, qui tente de changer l'image de son métier à coup de copinage avec les néo-butchers [bookshopers ?] de Brooklyn (l'épicentre du phénomène) et de battles de découpe [lecture ?] sur fond d'AC/DC... C'est sûr, son "I love bidoche [reading ?] attitude" fait tâche dans un milieu réputé très conservateur. "Je viens d'être exclu de la Confédération Française de la Boucherie [--- ?]. Et vous savez quoi ? J'en suis fier !"
Frondeur, décomplexé, trempé dans les codes de la pop culture et à l'aise avec le marketing, le néo-artisan [néo-libraire ?] arrive à point."

"Il y a une vraie demande, il faut juste arriver avec un projet réfléchi, beaucoup d'envie et d'humilité, et avant tout un produit de qualité"

C'est donc sur ces mots que je souhaite à tous une belle et heureuse année 2014, qu'elle soit l'année des néo-artisans/libraires.

Que le livre et la lecture vous tiennent en joie en 2014 !