La librairie est morte, vive la... ?

La quoi ?
Le monde de la librairie vit une mutation sans précédent, le commerce électronique et la dématérialisation du livre .
Comment les libraires doivent-ils s'adapter à cette nouvelle donne ?
Si la librairie d'aujourd'hui est morte, alors quelle sera-t-elle demain ?

jeudi 27 août 2015

La leçon (Vidéo) : Les barbares attaquent le livre...


 « On ne résout pas un problème avec les modes de pensée qui l’on engendré ».  Einstein


"La révolution à l’œuvre [...] a bouleversé la société dans toutes ses dimensions, rendant les paradigmes d'hier inopérants pour s'imposer dans l'économie de demain"
 
"Entreprendre et gouverner après la révolution numérique". 

Nicolas Colin dans cet exercice maintenant (re)connu qu'est la conférence de The Family : Les barbares attaquent...

Voici la vidéo : Les barbares attaquent le livre


 
Et voici le compte rendu :


  

 No comment.

Le livre et la lecture vous tiennent en joie !

mercredi 6 mai 2015

Amz, killer ?




 Tout est un question de virgule...






 L'un des derniers articles parus sur Amz est particulièrement intéressant.

Il y a quelques années maintenant, je me disais que la librairie du futur devait être à peu prêt le lieu de ce qu'est et fait Amz en ligne.
En y ajoutant notre touche française, celle de la rencontre des cultures, celle de l'histoire transverse de notre territoire, riche des échanges, des partages et des fusions.
Celle du respect des autres et de chacun, celle de la mise en valeur de nos savoirs, qu'ils soient "littéraires" et"scientifiques".
Celle, encore, du respect des auteurs, des œuvres et de ceux qui leur font rencontrer un public : lecteurs, libraires, bibliothécaires, aujourd'hui blogueurs... Bref tous ceux qui aiment à promouvoir le li(v)re.
Ce que fait aussi, il faut le reconnaitre Amz.




Or, la librairie du futur, dont je rappelle que le rapport Lemoine a consacré la formule, devait à mon sens, aller chercher son salut dans l'hybridation de tout ce qui change notre société et les clients (nous) qui la composons aujourd'hui :


 la relation client, le li(v)re, le design des points de vente, la consommation et l'économie collaboratives, la technologie (contenus, formats, supports...etc.), l'expérience client, la convivialité, le management, l'impression (POD...)... et bien d'autres choses encore.

Mais dans ce dernier article, je comprends en quoi Amz poursuit un chemin foncièrement génétique, celui de l'efficacité, pour ne pas dire de l'efficience et tous les termes voisins que sont productivité, rendement...etc.
Vous me direz que c'est bien la fin de toute entreprise ? Certes.
Ce qui me gêne n'est pas le fond (encore que), mais la forme.

Ce qu'Amz est en train de faire, c'est la suppression de l'humain dans toutes les transactions. C'est déjà le cas (Cf. la robotisation de ses centres de logistique, voire le traitement de ses salariés, humains robotisés, à quand les robots humanoïdes ?...), mais en s'attaquant au retail, et en y intégrant tous les derniers joujoux technologiques : cameras, capteurs sensoriels, RFID, paiement sans contact... etc., nous entrons dans un monde de la déshumanisation, dans lequel, le seul humain est le client qui se fait calculer sous tous les angles, et repart tranquillement en ayant pris ses articles et payé juste en passant devant une usine à robots observateurs, reconnaisseurs, calculateurs, "transactionneurs"...

Quel progrès !

Je pense qu'aujourd'hui que le chemin est bien celui d'humaniser la platerforme web et non de déshumaniser le point de vente.
C'est en ce sens, que doit s'organiser la résistance, dont la France pourrait être le porte étendard. Non, en se cachant derrière de vils raisons de refus de la technologie mais bien en s'en servant pour ce qu'elle est : un outil, à notre service.

J'aime la France, non quand elle est recroquevillée dans son village gaulois, en attendant que le ciel lui tombe sur la tête, mais de celle qui absorbe les nouveautés pour les digérer, les transformer, les recréer et les partager pour un monde plus juste et respectueux des droits de l'humanité.

C'est bien un contre-pied qu'il faut prendre et je me réjouis de la stratégie d'Amz qui laisse un champ d'exploration et de créativité inespéré à notre métier.

Nous en reparlerons très prochainement, il est peut-être temps de montrer ce que pourrait être la librairie du XXIe siècle, la librairie du futur.

Le temps de la résistance active est venue.

"Quelles que soient nos infirmités personnelles, la noblesse de notre métier s'enracinera toujours dans deux engagements difficiles à maintenir : le refus de mentir sur ce que l'on sait et la résistance à l'oppression."
Albert Camus

vendredi 24 avril 2015

Le marché du livre : offre ou demande ?

Au salon du livre de Paris, qui ressemble de plus en plus à un salon pour les éditeurs que pour le livre, j'ai assisté au débat :

"L'impression à la demande en librairies : Chimère ou réalité ?"


Etaient présents sur l'estrade :  Christian Vié (directeur d’Orséry), Noémie Derhan (chargée de relations France de BoD), Hubert Pédurand (directeur du bureau d’études de l’UNIIC, Union Nationale des Industries de l'Impression et de la Communication, et responasable du projet Ireneo via l'EBM), Renny Aupetit (directeur associé de lalibrairie.com), Pascal Lenoir (directeur de la production des éditions Gallimard et directeur de la CCFI, Compagnie des chefs de fabrication de l'imprimerie et des industries graphiques) et animé par Baptiste Liger de L’Express.

Intéressant ce titre, non ?
Chimère...
Une chimère est une créature mythologique malfaisante...
Le ton était donné.

J'ai ainsi eu l'impression d'assister à un dialogue de sourds entre deux conceptions du monde du livre (que l'on retrouve en économie) : marché de l'offre ou marché de la demande ?

Vous savez, pour ceux qui me lisent depuis un petit moment maintenant, que je suis un fervent défenseur du "et", et donc qu'elle n'a pas été ma surprise de constater que nous en étions encore là... Bref.

Et si le marché du livre était une banane, disons pointes vers le haut (soyons optimistes), de quel côté le/la manger ?



François Hollande et Fleur Pelerin devant l'Espresso Book Machine du programme Ireneo, stand du salon du livre de Paris 2015




Classique, les personnalités représentants la demande sont celles qui impriment (à la demande)  : BOD, Ireneo et Orséry, les autres qui représentent l'offre sont celles qui éditent et vendent : le libraire et l'éditeur présent, ici Gallimard.

Mais ne mélangeons-nous pas ici l'offre de contenu et la demande de "produit", de matérialisation et d'achat du contenu ?

On sait que l'évolution de la consommation (collaborative) évolue sans cesse un peu plus vers la demande : vélos, voitures, outillages... une manière de consommer une utilisation, plutôt qu'un bien.
C'est aussi, dans le domaine de la culture, ce que l'on nomme communément le streaming : musique, vidéo... le livre ?
Ici, nous sommes dans un entre-deux, la possibilité de rematérialiser les contenus numériques en quelques minutes et à l'unité, soit directement sur le point de vente (Ireneo et Orséry), soit chez l'imprimeur (BoD).


 Stand Orséry, salon du livre de Paris 2015








Côté éditeurs, on publie en "x" exemplaires pour diffusion et distribution en librairie, générant potentiellement des retours.
J'ai déjà écrit sur ce sujet dans un précédent billet, dans lequel j'abordais la notion d'économie circulaire, non dans une chaine de valeur du livre, mais une constellation de valeur du li(v)re : ici.
Evidemment, partisan du "et", je suis plutôt très favorable à l'intégration de tels outils en librairie, à l'inverse du libraire présent qui, selon ses termes, n'est pas un opérateur de saisie.
D'ailleurs, je reste convaincu que les 3 canaux pourraient tout à fait se compléter : le canal du LAD (Livre à la demande) in situ en librairie, le canal du POD (Impression à la demande) mais régionalisé, et le canal de l'impression classique pour certains offices et les "best" en quantité, peut-être aussi régionalisé.
Mais imaginer matérialiser un contenu en moins de 5mn devant le client rend service à l'éditeur pour la vente de ses titres, notamment épuisés, et permet au libraire de proposer une offre très étendue, sans stock, donc sans livraison, rangement, retour...
Et si ces machines étaient capables d'imprimer bien d'autres choses...

Bref, la technologie avance et semble présentait un panel d'outils qui devrait rendre service au libraire, donc à l'éditeur et à l'auteur...

Que du bonheur ?

 A suivre...


Manuel Vals devant l'Espresso Book Machine du programme Ireneo, stand du salon du livre 2015


Comme quoi, nos politiques sont intéressés...

samedi 17 janvier 2015

Eloge du Lieu

C'est une véritable obsession depuis que je suis entré en librairie, l'obsession du Lieu.
Je ne pensais pas il y a maintenant une vingtaine d'années, que cela prendrait autant d'importance, car à l'époque les effets d'internet et des médias sociaux, même si on les préssentait, n'étaient pas encore réalité...

Cette obsession vient peut-être du fait que j'ai commencé à travailler dans le Nord plus précisément dans le bassin minier (aujourd'hui élu au patrimoine mondial de l'UNESCO), là où "le" culturel (officiel) avait du mal à prendre pied... (Cf. l'installation du Louvre à Lens).

Or, cette région Nord et Pas de Calais est "la" région du (des) Lieu(x), certainement liée à son passé industriel. Donc peut-être ai-je été dès le départ saisi par cette nécessité de se retrouver dans les Lieux tiers, entre le chez soi et le travail, on les appelait les Estaminets, ancestralement café multi-services.

Bref, le Lieu a toujours eu son importance social, et on a peut-être (trop) vite cru qu'il disparaitrait sur l'autel des réseaux sociaux sur lesquels bon nombre cherche à crever les plafonds d'amis.

Quid de l'incarnation, de ce besoin viscéral que nous avons de nous rencontrer dans des Lieux ?

Mon obsession a grandi (pour ne pas dire vieilli;) avec moi et prend une toute autre ampleur aujourd'hui.
le Lieu ne deviendrait-il pas une nécessité (urgente) ?
Mais quel Lieu ?

Il y a donc bien longtemps que je me pose la question du Lieu librairie, qui n'est autre qu'un lieu de commerce de livres. Uniquement ?
J'ai rarement rencontré, à l'inverse de ce que disent les libraires, de véritables Lieux de vie du livre.
L'évolution de l'économie, de la production de masse et de la consommation qui va avec depuis ces dernières décennies, ont façonné les commerces (avant, de proximité) en lieu de distribution de produits à mettre dans les rayons et en libre service pour le client.
D'ailleurs, on a vu naitre la "grande distribution".
Mais même les commerces de centre ville sont devenus des magasins de moyenne et petite distribution, accompagné d'un accueil de moins en moins agréable. Moins "familial" ?
La relation, l'expérience client ont été sacrifiées sur l'autel de la distribution.
Or, le commerce, ce n'est pas de la distribution, quelque soit sa taille.
Le commerce, le vrai, est un lieu de relation, d'échange social dans lequel on en profite pour acheter ce dont on a besoin ou ce qui (nous) fait plaisir.

La librairie a subi et présente aujourd'hui ces mêmes travers.
Ce sont pour la grande majorité des lieux de vente de livres. Je ne reviendrais pas sur l'élitisme parfois (encore) présent, l'accueil aléatoire... Je vous renvoie au rapport de l'Obsoco.

Je reviens au Lieu, et peut-être devrions-nous nous entendre sur la notion de Lieu.
C'est ce que tente deux livres que je viens de découvrir, un que je suis en train de lire, un autre dont qui est sorti cette semaine.

Le premier s'intitule :"The great good place" de Ray Oldenburg dont j'ai déjà parlé dans un billet précédant.
Ray Oldenburg est professeur de sociologie en Floride, et évoque dans ce livre la notion de "great good place" ou de " third place"...


Ce qui me permet de faire la transition vers le livre d'Antoine Burret, "Tiers-Lieux, et plus si affinités" qui sorti chez l'excellent éditeur Fyp en ce mois de janvier 2015.
Vous pouvez d'ores et déjà vous familiariser avec cet esprit, en consultant le wiki MoviLab.
De la nécessité de Lieux qui intègrent en plein les évolutions de notre société, en intégrant également le numérique dans toute sa complexité, mais en en faisant aussi un outil universel de partage et d'ouverture.
Le tiers-lieu intégrant également l'esprit d'Open source.

Voici un résumé et un historique en images par Yoann Duriaux : 


Enfin, c'est en lisant un article sur Simone Weil que Michel Dussault, enseignant-géographe à l'ENS de Lyon, apporte un élément supplémentaire, cher à Simone : la notion d'ancrage, d'enracinement. 

Je cite Michel Dussault (Philosophie Magazine) :
"Pour moi la géographie ne se réduit pas à la topographie, à l'étude de la localisation des faits sur une étendue. Je la définis beaucoup plus comme une anthropologie de l'habitation humaine.
Le problématique centrale de la géographie qui m'intéresse est celle des relations que les individus nouent avec leurs espaces de vie. Nous nous installons dans des lieux dont nous héritons, et qu'en même temps nous construisons, nous modifions - nous sommes donc à la fois des "receveurs" et des bâtisseurs. Mais toujours, l'homme a un besoin fondamental de s'ancrer dans un espace, de déployer son existence à partir d'un lieu, d'un habitat d'origine. L'intuition géniale de Simone Weil est de dire  que l'enracinement dans un territoire est une condition de tenue de l'être humain - s'il n'a pas cet ancrage dans un espace qui n'est pas seulement fonctionnel, mais également culturel et spirituel, au sein duquel il se constitue en tant qu'être parlant et agissant, il n'a plus d'étai et s'effondre."
(...)
Faisant référence au livre "L'accélération" d'Hartmut Rosa :
"Or, par la circulation ultrarapide des êtres et des choses qu'elle promeut, la mondialisation peut faire de nous des déracinés. Une forme de l'aliénation actuelle consiste à ne plus avoir d'ancrages, de haltes où se poser. Dès lors, un travail de ré-enracinement devient une exigence impérieuse  pour les individus nomadisés. Ce travail passe par la réappropriation  de lieux où inscrire son histoire (...), de produire du récit sur des espaces où l'on s'insère et se reconnait.
(...)
Quand il se sent aliéné, opprimé, étranger à lui-même, l'individu invente des espaces où se ré-ancrer : un village, une contrée, une place, (la librairie ?) mais cela peut-être son propre corps..."

Tous mes voeux pour cette nouvelle année 2015.

Le Lieu, le livre et la lecture vous tiennent en joie.

samedi 20 décembre 2014

Culture du livre vs Culture numérique (Vidéo)





Cela fait plusieurs semaine, à intervalle régulier que je lis et relis ce petit livre très intéressant de Serge Tisseron : "3-6-9-12, apprivoiser les écrans et grandir".





Vous pouvez même télécharger et imprimer (ou la commander) ces 2 affiches pour les installer dans les écoles, les salles d'attente, les crèches...

Je ne vais pas revenir sur l'ensemble du livre, son postulat et vous laisserai le loisir de le découvrir personnellement.



Ce qui donne objet à ce billet est le chapitre 6 : "La quadruple révolution des technologies numériques" (page 89).
  • "Une révolution dans la relation aux savoirs
  • Une révolution dans la relation aux apprentissages
  • Une révolution psychologique
  • Une révoltuion des liens et de la sociabilité"
Pour finir sur "L'indispensable complémentarité"

Ce chapitre décrit très bien ce qui est en train de se passer et le choc apparent entre notre culture avant le web, notamment 2.0 et aujourd'hui.

Extrait : 
  • "L'écriture a perdu sa suprématie comme vecteur principal de la pensée et de la communication, car un autre vecteur s'est imposé, celui des écrans. Du coup, la culture du livre n'est en rien minimisée, elle est seulement relativisée." (...) 
  • "Mais l'invention du numérique a poussé en avant d'autres repères, de telle façon qu'il est possible aujourd'hui d'opposer deux manières de penser : l'une organisée selon la chaîne linéaire propre au texte parlé ou écrit; l'autre qui utilise toutes les possibilités de la construction spatiale et de l'interactivité."
  • "Quand nous parlons de culture du livre et de culture des écrans, il s'agit donc de modèle (ou si l'on préfère de paradigme) et non de support. D'ailleurs, avant l'invention du livre, la culture orale faisait cohabiter à part égale pensée linéaire et pensée spatialisée."
  • "Pourtant, nous allons voir que la culture du livre et celle des écrans s'opposent pratiquement sur tous les points. La rupture entre les deux concerne à la fois la relation aux savoirs et aux apprentissages, le fonctionnement psychique et la créations de liens."
  • "Comme son nom l'indique, la culture du livre est une culture du singulier, autrement dit de l'un. Au contraire, la culture des écrans est une culture du multiple."
  • "Un lecteur est seul devant un seul livre écrit par un seul auteur. Du coup, cette culture est dominée par une conception verticale du savoir"
  • "Au contraire la culture des écrans est placée sous le signe du multiple : plusieurs personnes sont réunies devant plusieurs écrans (...) dont les contenus ont été créés par des équipes. (...) Cette culture est placée sous le signe d'une relation horizontale au savoir : son modèle est l'encyclopédie Wikipédia. C'est une culture du multiple, du métissage et du multiculturalisme."
  • "Le culture du livre est organisée par la succesion des mots, des lignes, des paragraphes et des pages. Elle induit un modèle linéaire, organisé autour de relations de temporalité et de causalité." (je parle moi-même souvent d'espace/temps)
  • "Au contraire, la culture des écrans favorise la pensée non linéaire, en réseau ou circulaire"
  • "La culture du livre valorise l'identité unique censée être la propriété privée d'un individu."
  • "Au contraire, avec les écrans, l'identité se démultiplie. Le Moi n'est plus la propriété privée d'un individu mais une fiction tributaire des interactions des personnes dans un groupe, et donc à chaque fois différente."
  • "Dans la culture du livre, le mécanisme de défense privilégié est le refoulement (!), c'est à dire un processus inscrit dans la durée."
  • "Dans la culture du livre, les liens privilégiés sont essentiellement de proximité physique."
  • "Dans la culture numérique (...), la sociabilité sur internet consiste à partager un centre d'intérêt commun... (...)."
  • "Dans la culture du livre, l'autorité est assurée par la reconnaissance que donnent les diplômes, eux-mêmes délivrés par un pouvoir reconnu."
  • "Au contraire, dans la culture numérique, l'autorité est fondée sur le reconnaissance des pairs."
  • "Il en résulte un changement majeur dans le mode de régulation des groupes. Dans la culture du livre, elle repose sur la culpabilité et la punition (!!...)."
  • "Au contraire, dans la culture du numérique, la régulation repose sur tous les participants. Son instrument est la honte qui détruit la e-réputation."
  • "Nous voyons que la culture des écrans n'est pas une "sous-culture", mais une culture différente avec ses avantages propres. La culture du livre valorise l'incitation à la construction narrative (...). Tandis que pour les écrans, ce sont la spatialisation des données et leur visualisation qui en constitue le point fort, ainsi que le fait qu'ils stimulent l'interactivité et l'innovation."
  • "Chacune fait appel à un mode de fonctionnement cérébral et psychique distinct, de telle façon que l'être humain va plus vite en utilisant les deux (...)."
La complémentarité pour tempérer :
  • "Dans la culture numérique : dispersion de l'attention et pensée zapping, réussir sans comprendre, manque de recul cognitif et temporel, relations virtuelles, fuite de la réalité."
  • "Dans la culture du livre : ultraspécialisation (!!!...), donc difficulté d'adaptation, réduction aux apprentissages par coeur, inhibition de la créativité, augmentation de l'obéissance, développement de personnalités rigides et peu évolutives (!!!!...), relation de proximité physique, empathie réduite aux proches (...)."
Et si la montée en puissance de la culture numérique était prise en compte...
Et si la complémentarité se développait au sein même d'un nouvel écosystème du li(v)re équilibré entre partenaires...

Un livre à glisser sous le sapin ! :)

Le livre et la lecture vous tiennent en joie !

samedi 29 novembre 2014

La librairie peut-elle être open source ?


C'est en parcourant une présentation de Benjamin Tincq intitulée "Business Models for Open Source Hardware" que je poursuis mes reflexions sur la librairie de demain et l'évolution de son modèle d'affaire.

Donc, à la question, la librairie peut-elle être open source, je répondrais oui.
(Définition de l'open source, ici)

Cette reflexion d'ailleurs prolonge ce billet "Pour une économie du li(v)re circulaire et moléculaire" que j'avais écrit en septembre dernier.

Prenons l'exemple d'OpenDesk (dont est tirée cette image), un marketplace de design open source pour le bureau.
Sur OpenDesk donc, vous pouvez télécharger le fichier et fabriquer vous-même le produit ou le fabriquer prêt de chez vous dans un FabLab.
Le paiement se partage entre le designer, le Fablab et la place de marché (marketplace).

Peut-on donc imaginer un tel modèle d'affaire pour l'achat de lecture ?

Ce qui revient à imaginer et créer une autre chaine de valeurs... Or, vous savez que je n'aime pas bien ce terme de "chaine" pour avoir plusieurs fois utilisé le mot "constellation" de valeurs, ce qui a pour avantage de ne placer personne au-dessus ou en-dessous des uns des autres.
L'idée est celle de l'harmonie et des équilibres économiques de chacun.

Donc, pour reprendre le modèle OpenDesk, nous avons un créateur : designer ou auteur, un marketplace : Site web d'OpenDesk ou libraire/éditeur, un atelier de fabrication ouvert à tous et local : le fabliv ou imprimeur...

Cela pose donc la question de la position que doit donc prendre (au moins explorer) le libraire entre édition traditionnelle et auto-publication...
D'ailleurs, on peut aussi se poser la question de la vente directe de l'auteur, l'éditeur et le libraire. Cf. ici un billet de reflexion suite à l'accord Hachette/Amazon : 
"Is that a business that will always demand that publishers pay 30 percent of their net to an Apple or an Amazon? Or can you imagine it as a service that publisher’s buy for a flat 50 cents a book as they publicize their books on Facebook and sell them directly? Doesn’t take much of a mental workout to imagine that."

Et de relire ce plagiat public : "Bouleversements stratégiques dans la distribution du livre".
Venons-en donc à ce que je nommais pour ma part "Hyper Lieu", qui vraisemblablement a un antécédent (Patrick Bazin) dans l'esprit de Ray Oldenburg, qui a écrit en 1980 (!) le livre suivant, non traduit à ma connaissance (quel dommage) : "The Great Good Place: Cafes, Coffee Shops, Bookstores, Bars, Hair Salons, and Other Hangouts at the Heart of a Community".
Vous aurez remarqué que dans le titre, nous retrouvons aussi "Bookstores" et que dans son esprit, ce lieu du livre et de la lecture est bien un tiers-lieu...
"Il s'agit d'un endroit que les usagers utilisent quotidiennement, et dans lequel ils font partie de l'environnement, d'autant plus qu'ils le fréquentent. On parle d'ancrage physique ou de sentiment d'appartenance. On peut rapprocher ce lieu des cafés où la discussion entre habitués fait partie des activités importantes."  Wikipedia

Est-ce une définition si éloignée (ou telle que devrait l'être) la librairie  ?

Quid du tiers-lieu aujourd'hui ?

Voici ici, une actualisation qui interroge à la mesure de la librairie...

Le tiers-lieux est :
  • collectif
  • un lieu
  • un espace de travail
  • une organisation 
  • un langage
  • numérique
  • une gouvernance
  • des services
  • des financements (un nouveau modèle d'affaire)
  • un lieu de prospective (de recherche)
Inspiré ?

Le livre et la lecture vous tiennent en joie !

vendredi 28 novembre 2014

"Quand y'en a plus, y'en a encore"

 / 

Un court billet pour prolonger l'article de Nicolas Gary sur le site ActuaLitté...

Le titre de ce billet est tiré encore et toujours, des sketches de Coluche.

Une phrase pour résumer la nouvelle campagne de communication de la toute nouvelle entité de la librairie indépendante : "Entrée ailleurs" !

Et ce n'est pas sans rappeler une première campagne qui d'ailleurs, soit dit en passant, a été le déclencheur de ce blog :"Pourquoi les clients désertent-ils la librairie, 1ère partie : "...au secours des libraires... ou "au secours ! des libraires !"

Remarquez, 300K€ ont été économisés, c'est déjà ça de gagné !

Je ne reviendrai pas sur la photo utilisée par le Ministère de la culture pour lancer l'initiative, allez voir et lire vous même, ici. (Où nous apprenons qu'il faut fidéliser le client)

Bref, une belle occasion manquée à mon sens, mais bon, allez, soyons positifs et gageons que cette campagne attirera le plus grand nombre de clients dans les librairies afin d'aider à leur pérennité.

Rendez-vous dans quelques mois.

Et vive Super Dupont !

Le livre et la lecture vous tiennent en joie !