La librairie est morte, vive la... ?

La quoi ?
Le monde de la librairie vit une mutation sans précédent, le commerce électronique et la dématérialisation du livre .
Comment les libraires doivent-ils s'adapter à cette nouvelle donne ?
Si la librairie d'aujourd'hui est morte, alors quelle sera-t-elle demain ?
Affichage des articles dont le libellé est livre papier. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est livre papier. Afficher tous les articles

jeudi 4 septembre 2014

Pour une économie du li(v)re circulaire et moléculaire (vidéos)

Les langues se délient, on commence à entendre les politiques avouer que le numérique, l'informatique, l'électronique, le digital, le web, l'internet, la technologie, bref appelez-le comme vous voulez, va ou vont détruire des emplois...
C'est une partie des analyses de Paul Jorion, dont vous pouvez lire une interview ici : « Pourquoi le travail et l'emploi vont disparaître »


Une autre raison semble s'ajouter (cause, effet ?) : la désintermédiation.
Nouveau mot à la mode ?
Non.
La désintermédiation existe depuis la nuit des temps mais comme souvent, l'évolution technologique (oserais-je dire le progrès ?) accentue et accélère le phénomène.

Au-delà de l'économie du livre, c'est l'économie tout entière qui est en train de muter, et même l'ensemble de la société.
Pour vous en donner un aperçu, je vous conseille de lire l'excellent livre de Julien Cantoni « La société connectée » aux éditions Incultes.
Ce livre parcourt l'ensemble des champs de notre société et y décrit le séisme qu'occasionne l'arrivée du numérique dans nos vies.
Dans nos vies à tous, mais surtout dans celles des institutions qu'elles soient publiques ou privées encore trop verticales face à l'horizontalisation qui s'opère.
Le citoyen parait beaucoup plus adapté et agile aux nouvelles technologies que ne le sont parfois nos dirigeants.
Pour la première fois peut-être dans l'histoire de l'Humanité, le citoyen est en avance technologique sur ses institutions (publiques et privées) que ce soit en terme d'équipement (Cf. dans le commerce par exemple, tous les billets sur l'utilisation des smartphones en magasin par exemple, alors que le vendeur n'est pas connecté) que d'usage : réseaux sociaux, téléchargements (légaux et/ou illégaux)... etc.

Qu'en est-il dans le domaine du livre et de la lecture ?

Le constat est le même, voire pire, tant ces métiers sont réfractaires à l'économie numérique et aux changements technologiques.
Plusieurs chemins se présentent à tous les acteurs du li(v)re en général et de la librairie en particulier.

En voici un qu'il semble nécessaire d'explorer car plus ouvert, plus collaboratif, bref plus solidaire.

Plutôt que de rejeter l'évolution numérique, peut-être faudrait-il s'en faire une alliée.

Du pair à pair (peer to peer) d'antan (Napster...) à celui d'aujourd'hui, on assiste à une désintermédiation accélérée des acteurs de l'économie.
Pour faire des économies, baisser les prix et/ou retrouver du pouvoir d'achat, tout le monde désintermédie à tout va, Cf. les exemples de Blablacar, Ouicar, airbnb, Uber...
Laissant un goût amer pour les métiers traditionnels, parfois à juste titre.

Dans le domaine du livre, celui qui a annoncé la couleur, il y a plusieurs années maintenant, n'est autre que Jeff Bezos, « L'important, c'est l'auteur et le lecteur ».
A bon entendeur...

Faut-il donc s'étonner de la nouvelle série très suivie en ce moment (plus que le Trône de fer ?;) des (non)négociations entre Amazon et Hachette ?

Après l'auto-édition, enjeu primordial au niveau planétaire pour Amazon, et la soumission des petits et moyens éditeurs (ceux qui n'ont pas de distributeurs en France par exemple, à part Amazon lui-même, et à ses conditions), c'est maintenant au tour des gros.
Et quitte à attaquer un gros, autant prendre l'un des plus gros : Hachette.

Mais n'est-il pas étonnant de constater le soutien des libraires à... Hachette ?
Les libraires soutiennent l'éditeur et non le libraire, Amazon étant une sorte de libraire (puisqu'il vend des livres et de la lecture).
Mais Amazon est un concurrent redoutable, et déloyal, des libraires...
Etonnement car il n'y a pas si longtemps les libraires accusaient Hachette d'octroyer de trop faibles remises commerciales.
Amazon n'est-il pas le premier libraire à vouloir renverser (à son avantage) l'équilibre entre éditeurs et libraires ?
Amazon n'est-il pas le premier libraire à imposer ses conditions aux éditeurs ?
Les libraires sont-ils donc pour Hachette ou contre Amazon ?
Tant de questions...

QUI va gagner au jeu de la domination ?
Aïe, le mot est lâché.

Amazon semble avoir des velléités de développement.
Peut-on lui reprocher ?
Ne doit-on pas surtout se reprocher de regarder en s’indignant et en laissant faire ?
C'est ce que semble penser Jacques Attali dans cet article récemment paru : « Amazon, et après » :

« Éditeurs, libraires et auteurs doivent s’en prendre à eux mêmes, en particulier en France : s’ils avaient anticipé la révolution digitale, s’ils n’avaient pas tout fait pour transformer le projet de Très Grande Bibliothèque, qui devait, dix ans avant l’émergence d’Amazon, être numérique, en une bibliothèque physique de plus, antédiluvienne et mal commode […]. »

Et pendant que nous regardons, d'autres se réunissent pour tenter de penser et de construire une alternative : « Building a Better Amazon »,  Think different :

« But, ultimately, we found that perhaps the best way to get traction against a dominant player like Amazon is not to build something equally titanic, but to build something wee, something human. Grassroots. Peer-to-peer. Something simple. Distributed. Democratic. Something that will turn the focus back to art and away from commerce and shareholders. Connection. Emotion. Humanity. Maybe each one of us should be a bookstore? »

C'est une autre voie (voix) qu'il est donc urgent d'emprunter (et de diffuser), la voie de l’équilibre, la voie qui mènera à transformer la chaîne de valeur du livre en une constellation de valeur du li(v)re.
Face aux tentations de monopole fermé et centralisé (et de domination), ne faut-il pas proposer une solution ouverte, décentralisée, mutualisée, bref commune (moléculaire), à l'opposé de la domination des uns sur les autres ?

Que faire, comment faire ?
Il y a un courant de pensée qui ne cesse de progresser dans tous les milieux, celui du collaboratif au service du Commun.
Crowdfunding, coworking, covoiturage, bien venue à l'économie de l'usage et du partage.
L'un des principaux penseurs n'est autre que Michel Bauwens (bientôt traduit en France), Cf. une vidéo explicative de sa pensée : « Vue d'ensemble de l'économie collaborative avec Michel Bauwens ».



Je ne vais pas entrer dans le détail ici, cette vidéo retraçant l'essentiel de sa pensée, notamment sur la notion de "capitalisme netarchique", mais retiens ceci :

« Dans un nouveau modèle du coopérativisme ouvert, une fusion pourrait s'opérer entre la production ouverte de communs entre pairs et la production coopérative de valeur ».

Sur l'économie collaborative, Cf. ce très bon résumé, « L’économie collaborative : produire et consommer autrement »

Et ici, l'émission retransmise sur Canal+, « Global partage », maintenant disponible en clair :



Or, s'il y a bien un domaine dans lequel le Commun et le partage devrait se développer, c'est bien celui de la Culture.

Dans le domaine du livre, il faut suivre l'excellent blog de Silex de Lionel Maurel, qui explore la potentielle évolution du droit dans les sciences de l'information.
Lionel Maurel a écrit également plusieurs billets concernant le thème de la propriété dans le sillage de l'économie libre et collaborative chère à Michel Bauwens : Peer Production Licence.
Pour un autre droit d'auteur ?

Le « barbare » toute catégorie reste Amazon. Et on ne peut pas reprocher à Jeff Bezos de le faire à l'insu de tout le monde puisqu'il l'a annoncé depuis des années.  Et peut être de certains de penser : il n'y arrivera pas ou on ne le laissera pas faire. C'est mal le connaître.

Tous les secteurs sont touchés par la désintermédiation.
D'ailleurs peut-on (doit-on) reprocher aux agriculteurs de proposer à leurs clients de venir cueillir leur production directement dans le champ pour avoir des prix plus bas ?
Qui est contre La ruche qui dit oui ?
Qu'en pensent la grande distribution, les  commerçants ?
Ont-ils le choix ?

Il en est de même dans le livre, papier et numérique.
Est-ce un bien ou un mal ?
Peut-on l’éviter  ?
Il suffit de lire la partie de l'article du journal Le Devoir : « Renaud-Bray dit vouloir changer les choses dans le monde du livre » concernant le bras de fer entre la librairie québécoise Renaud-Bray et Dimedia (distributeur au Canada) pour comprendre le malaise lié à l'intermédiation forcée ?, et dépassée ?
Blaise Renaud :

« C’est l’ajout d’un intermédiaire qui a un impact colossal sur les résultats financiers des éditeurs et des libraires, poursuit celui qui se voit autant comme commerçant que comme libraire. Au Québec, la distribution est devenue une business privée. Je n’ai pas de mal avec un mandat de grossiste : rendre le produit disponible avec peu de préavis à ceux qui en ont besoin et qui sont prêts à payer un peu plus cher pour être en mesure de recevoir à peu près n’importe quoi à l’intérieur de 24 h ou de 48 h. » Ce qui est un peu le principe de la SAQ, pour faire une comparaison grossière. « Mais je suis en mesure de constater aussi ce qui n’est pas disponible chez les fournisseurs, qu’on va être obligés de demander, qui va mettre deux mois en bateau pour arriver, qui va être réceptionné et réemballé chez les distributeurs, réexpédié chez moi. Pendant tout ce temps, à chaque étape, même les retours, le distributeur fait des profits. »

Comment s'adapter à ce processus de désintermédiation ?
En luttant contre ?
En faisant que ces mutations renforcent les partenaires et rééquilibrent la place (et les revenus) de chacun des acteurs, auteurs compris ?

Dans un monde où l'écologie prend de plus en plus de place, réjouissons nous-en, peut-on encore se permettre de tels tirages, de tels allers et retours (le papier est lourd, le pétrole augmente, quid des rejets de CO2...etc.), de tels pilons et de tels délais ?
La prochaine révolution annoncée est celle de l'impression 3D, qui va certainement rebattre les cartes à la fois de la production industrielle mais aussi de la logistique.

En lisant le livre de Christophe Sempels, « Les business models du futur » aux éditions Pearson, on comprend en quoi l'économie évolue aussi de plus en plus vers l'économie de la fonctionnalité et l'économie circulaire, dite du "craddle to craddle".
La logique économique de baisse des coûts (Lean) et écologique du livre voudrait donc que l'on réduise les coût visibles et cachés de manière forte en instituant également l'amélioration continue.
Peut-être ainsi verrait-on les marges de chacun augmenter ?

En permettant l'impression à la demande (POD) chez un imprimeur (imprimer est un métier) local, régional, au service de l'éditeur et à proximité des libraires, vous supprimez en grande partie le transport des livres, vous diminuez de manière sensible le stock en librairie (réassort ultra-rapide), vous augmentez la rotation, vous réduisez donc potentiellement la surface et donc le loyer.
Il y a également la solution de l'EBM, Expresso Book Machine, et même si Barnes & Nobles la teste actuellement, outre les livres du domaine public et l'autoédition, je doute fort, et je le comprends, que les éditeurs permettent l'impression de leurs livres sans vraiment connaître la qualité à la sortie.
Et quid des livres illustrés ?

C'est donc l'ensemble des coûts principaux des librairies qui diminuerait drastiquement, la marge augmenterait donc sensiblement, et une partie de ces économies pourrait être mise au service du client par des investissements technologiques (numériques) permettant de réduire la manutention (moins de stock à ranger et retourner), d'augmenter son service client, d'accélérer les délais de livraison (en BtoB et BtoC), d'équiper le libraire à la vente cross canal, de recruter, lui permettant de (re)mettre son métier au cœur des besoins et désirs des clients.

Le livre ainsi rematérialisé au plus près de sa source de vente gagnerait en délai, en coût et satisferait le client libraire et le client final, le lecteur.

Mais que devient le distributeur ?
A-t-il encore une utilité dans ce schéma ?
Et n'est-ce pas un point de blocage essentiel dans la négociation entre Renaud-Bray et les éditeurs, ainsi qu'Amazon et Hachette ? : « Amazon to print out of stock books on demand ? »

Un monde du livre décentralisé (moléculaire), ouvert, équilibré, collaboratif, contributif semble une utopie pour certains...
Mais le monde du li(v)re n'aurait-il pas dû anticiper ces évolutions qui sont (d)écrites depuis des années déjà dans les livres qu'ils publient et vendent eux-mêmes ?
Imaginons une base de données numériques sécurisée comprenant plusieurs centaines de milliers de PDF imprimeurs mis à disposition des métiers du li(v)re : éditeurs (tous, des micro-éditeurs aux majors, régionaux et nationaux) , libraires et imprimeurs à la demande régionalisés (selon une carte nationale établie par l’inter-profession et des cahiers des charges extrêmement précis des éditeurs).
Le libraire peut concentrer son cœur de l'offre "physique" sur ses choix papier (à partir de 5000 références ?) et disposer d'une profondeur de gamme jamais égalée grâce à une base de données de livres numériques (epubs) et de PDF réimprimables à la demande en région, donc livrables au libraire et au client en 24/48h.
Cela voudrait dire que tous les libraires, quelque soit leur taille, seraient capables de rivaliser avec les plus grands acteurs mondiaux.
Que deviendrait alors Amazon sur le plan de li(v)re ?

Si Amazon le fait, cela veut dire que c'est technologiquement possible.
Pourquoi les libraires indépendants ne pourraient-ils pas le faire en investissant le numérique avec les partenaires des métiers du li(v)re et en se différenciant, en mettant l'humain (les lieux et les libraires) et les métiers au cœur de leurs préoccupations et de celles des clients/lecteurs ?
Tous les services, tous les logiciels, tous les métiers, toutes les compétences... etc. existent et sont sourcés, et à des coûts de plus en plus abordables, d'autant s'ils sont mutualisés.

Une autopie ?

Pourtant, certains l'ont fait :
« Esprit de coopération et développement d'une agriculture biologique durable, transparence et équité des relations commerciales, qualité des produits et participation des consom'acteurs sont les piliers d'un texte fédérateur pour les acteurs du réseau. » Charte Biocoop

Esprit de coopération et développement d'une culture de la lecture et du li(v)re durable, transparence et équité des relations commerciales, qualité des li(v)res et participation des lecteur'acteurs sont les piliers d'un texte fédérateur pour les acteurs du réseau. Charte xxx ?

J'aime entendre dire : "Impossible n'est pas français !"

A nous de jouer !

Le livre et la lecture vous tiennent en joie !

jeudi 4 avril 2013

Impression 3D, POD, EBM... Quelle librairie demain ?


 "Comment l’impression 3D va révolutionner le monde et le « retail » !"
 
"Si les consommateurs peuvent télécharger un produit instantanément… à quoi va servir le Retail ? 
Pourquoi perdre du temps à se déplacer, se garer, faire la queue et uniquement pendant les heures ouvrées quand il est si simple de télécharger un objet ? 

C’est toute la chaine de valeurs et ses nombreux intermédiaires qui vont être remis en cause. La valeur ajoutée sera donc dans la créativité et le design (là encore pour les objets basiques)"


Ces questions et remarques sont posées dans l'article du site Influencia à lire ici.

Cela nous ramène à l'impression à la demande qui se développe rapidement, l'un des sites les plus connus étant lulu.com solution qu'a choisi Rue 89 pour rematérialiser ses ebooks par exemple.

J'ai testé et ça marche plutôt bien...

Alors demain, la POD (impression à la demande), se fera-t-elle par les imprimeurs ou directement chez un prestataire de service, comme une librairie par exemple, ou directement chez soi ?

Ce qu'est l'EBM (Expresso Book Machine) d'aujourd'hui est certainement sans commune mesure avec celle de demain...
Voir les échanges sur le groupe Linkedin "YAT & Print media"de notre ami Yves d'Aviau de Ternay, notamment avec Pierre-Nicomède Taslé de BeeBuzziness et la solution Beevirtua. 



Alors à quoi ressemblera donc la librairie de demain ?

mercredi 6 mars 2013

Edgar Morin, le livre et l'ebook, 3ème partie

Troisième interview du sociologue et philosophe Edgar Morin, parrain de la manifestation Le Futur du Livre qui aura lieu à Chenôve en Bourgogne, les 12, 13 et 14 avril 2013 :

"Je vois mal les premiers livres, les livres nouveaux (bref, les nouveautés) se faire sur le livre numérique"



#3/3 - Interview exclusive d'Edgar Morin - Le... par lefuturdulivre


En trois petites vidéos, Edgar Morin pose les questions essentielles auxquelles de nombreux professionnels tenteront de répondre sur le salon.
De belles rencontres en perspective donc !

Pour ma part, pour la première fois, je me pose la question de la rupture historique, en tant que processus.
L'édition numérique n'est pas un prolongement de l'histoire de l'édition papier, elle existe à part entière et il ne me semble pas impossible qu'un jour l'édition papier découle du numérique...

Débat à suivre, donc...

vendredi 1 mars 2013

La première bibliothèque virtuelle fertile, durable et intelligente (vidéo)

"Longue vie au document structuré, multicanal, enrichis et ... papier !"




Voilà une phrase de Pierre-Nicomède Taslé, CEO de BEEBUZZINESS

Vu comme ça, les métiers du papier n'ont pas fini de changer, de se (nous) bouleverser.
Sans jeu de mot, c'est impressionnant ;)
Pour en savoir plus, rendez-vous au Salon du livre de Paris sur leur stand !

lundi 25 février 2013

Edgar Morin, le livre et l'ebook, 2ème partie

Deuxième interview du sociologue et philosophe Edgar Morin, parrain de la manifestation Le Futur du Livre qui aura lieu à Chenôve en Bourgogne, les 12, 13 et 14 avril 2013

A la suite de cette seconde partie d'interview, Edgar Morin pense qu'il est plus facile de revenir à la page précédente dans un livre papier...

Question : Le livre papier est-il plus malléable que le livre numérique ?



#2/3 - Interview exclusive d'Edgar Morin - Le... par lefuturdulivre

Peut-être quelques réponses lors de ce salon...
Rendez-vous est pris !

Et vous qu'en pensez-vous ?

vendredi 8 février 2013

Le livre numérique va-t-il tuer le libraire ? 1ère partie

La réponse d'Elisabeth Sutton, en vidéo...



Retrouvez les 7 entretiens d'Elisabeth Sutton sur le blog de Laurent Bettoni "Ecran total"

Pour ajouter aux propos d'Elisabeth, la meilleure manière de prendre une place sur le marché du livre numérique est déjà d'arrêter de le dénigrer.

Exemple en formation sur le livre numérique à des futurs libraires  :

A la question, "quelle est votre culture numérique ?"
Réponse : 75% sont contre ou n'aime pas le livre numérique...
Intéressant de constater, qu'à une question qui n'est pas posée : "Etes-vous pour ou contre le numérique", la réponse soit donnée en ce sens...

Oui, il y a des outils, des formations... mais avoir un site web et une "capsule" ebook, ne suffiront pas à se positionner.

Pourquoi ?

Parce que, par expérience du livre papier, le commerce de libre service a eu son temps. Certains libraires (et éditeurs) "traditionnels" ont cru que placer des livres sur une table allait les faire vendre... et/ou que certaines chaînes pensaient qu'appliquer un merchandising efficace remplacerait le vendeur...

Non, la solution est, comme souvent, dans l'ouverture d'esprit, la curiosité, et la joie de partager par le conseil donc la vente.
Oui, le merchandising est important, comme le marketing et quantité d'outils ou de méthodes...

Tout est question d'équilibre.

Tout doit être utilisé aujourd'hui par le libraire pour attirer le flux (en magasin et sur internet).
Peut-on parler de merchandising pour le livre numérique ?
Intéressante question.

Mais les libraires en place ne répondent-ils pas à côté de la question du client, consciemment ou inconsciemment, comme les étudiants ci-dessus cités ?

En visitant un certain nombre de libraires (chaines et indépendants) cet été, le constat est effectivement peu brillant, l'ebook est encore loin d'avoir une réelle existence en librairie !

Sans m'attarder sur les supports (liseuses et tablettes), j'ai systématiquement demandé :
  • Qu'est-ce qu'un ebook ?
  • Quid des formats ?
  • Quelles caractéristiques (sur-lignage...)
  • Quid de l'activation du support ?
  • Comment télécharge-t-on et où ?
  • C'est quoi un DRM ?
  • Pourquoi est-on "obligé" de télécharger Adobe Digital Edition ?
  • Etc. ...
Souvent, la réponse est : "euh, attendez je vais voir si mon responsable est là..."

Deux bonnes surprises cependant (car même plateforme TEA ?) : Decitre et Cultura...

Les autres, ce n'est pas très bon : Fnac, Chapitre, Virgin, Mollat...
Mais peut-être que depuis, des formations ont été délivrées et assimilées.

Mais plus que de formations, c'est bien de motivation dont nous parlons.

Les libraires sont-ils motivés à vendre des ebooks ?

Au-delà du simple ebook homothétique ( et donc de la liseuse), savent-ils qu'une palette extraordinaire d'ebooks "enrichis" ou "augmentés" et de livres applications existent sur tablette... ?
Qu'il y a autant de plaisir à vendre un bel ouvrage de Lulu (dont j'avoue être complétement fan) que le livre application :



Bref, il y a encore du chemin à faire...
Mais les libraires ont tout intérêt à se positionner et à montrer au client leur côté innovant, et surtout à leur démontrer que le conseil de lecture vaut tout autant pour le livre papier que pour l'ebook.
Ne l'oublions pas, le libraire est autant un conseil en lecture, qu'en livre...

Pour terminer, cette vidéo montrant la dernière née des bibliothèques sans livre aux Etats-Unis...
Regardez bien les esquisses de plan, il y a fort à parier que la bibliothèque de demain, mais aussi la librairie de demain soient en partie de cet ordre là... (avec des livres papier bien sûr;)
C'est à dire interactive et connectée !





 Intéressant non ?

mercredi 19 décembre 2012

Livre papier / Livre numérique, quel gagnant ?

A la lecture de cette étude, certains se rassureront.

Ce que l'on peut retenir c'est que pour qu'il y ait un gagnant, il faut qu'il y ait un match.
Or, les informations ci-dessous tendraient à faire comprendre qu'au-delà  du support, c'est à partir d'un certain type de lecture et moment de lecture que le choix se porte...
Pour beaucoup donc il n'y a pas match, pas d'opposition de support et donc de lecture mais réellement une complémentarité...

A bon entendeur...

Please Include Attribution to TeachingDegree.org With This Graphic E-books Infographic