La librairie est morte, vive la... ?

La quoi ?
Le monde de la librairie vit une mutation sans précédent, le commerce électronique et la dématérialisation du livre .
Comment les libraires doivent-ils s'adapter à cette nouvelle donne ?
Si la librairie d'aujourd'hui est morte, alors quelle sera-t-elle demain ?
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vendredi 14 décembre 2012

Le livre, 1er cadeau offert pour Noël 2012 ?


noel 2012
L'étude annuelle de prévision Deloitte portant sur les intentions d'achat des Français : 

un budget en légère hausse de 0,7%, alors que le sentiment est à la récession... (contre -0,8% en Europe)

Et le livre est pour Noël 2012 le 1er cadeau offert... (10ème en 2011) !

Résumé.





  • Pour quoi ?
    • 58% souhaitent se faire plaisir et oublier la crise économique actuelle. Cette proportion augmente fortement (10 points) par rapport à 2011
    • Du pouvoir d'achat au vouloir d'achat : des arbitrages, un consommateur (sur)informé, utilisant toute l’information disponible, notamment sur Internet, pour rechercher les prix les plus bas : 
        •  53% des Français se préoccupent de payer le moins cher possible quelle que soit l’origine du produit
        •  Le « made in local » reste privilégié par 70% des français, et ce critère d’achat croit avec l’âge et les revenus
    •  Comme en 2011, le Top 3 des souhaits est composé d’argent, de livres et de chèques cadeaux
    • Les cadeaux high-tech sont trois fois plus souhaités qu’offerts, probablement du fait de leur prix, en revanche, il s’agit de produits que les consommateurs auront plus volontiers tendance à vouloir s’offrir pour eux-mêmes
    • Plus de 9 Français sur 10 privilégieront le caractère utile du cadeau cette année et au prix le plus bas
    • Fidélisation : les points fidélité et cartes cadeaux sont en vogue cette année avec respectivement 71% et 69% des Français qui les utiliseront autant, voire plus, qu’en 2011. Cette tendance est en baisse en Europe (demain en France ?). Des chèques cadeaux toujours prisés mais moins offerts… en raison des contraintes d’utilisation ressenties par les clients (pas les magasins préférés, oubli, validité trop courte... etc.)
 
  • Combien ? 
    • 639€ de budget moyen des Français (contre 591€ en Europe)
 
  •  Quand ?

    •  75% des Français effectueront la majorité de leurs achats avant le 15 décembre (73% en 2011) et 40% d’entre eux les feront avant le 30 novembre (37% en 2011)
 
  • Où ? 
    • Les jouets, les loisirs, les livres, la mode et surtout les articles de sport seront principalement achetés en chaines spécialisées, dans l'ordre :
        • 40% en chaines spécialisées (Fnac...)
        • 39% en Hypermarchés
        • 11% en grands magasins traditionnels (librairies)
        • 9% chez les petits commerçants de quartier...
 
  • Pour les enfants ?
    • 52% du budget total des cadeaux sont offerts en France aux enfants (retour au Noël d'antan, celui des enfants ?)
    • Comme en 2011, les puzzles, les jeux créatifs et d’art, les jeux de construction et les livres arrivent en tête des cadeaux offerts aux enfants, marquant la volonté d’éduquer grâce aux jouets (d'où l'intérêt pour les librairies d'ouvrir des rayons jeux éducatifs... Attention à la concurrence, Cf. prochain billet sur la concurrence silencieuse)
    • En 2012, les livres arrivent en 2ème position chez les enfants alors qu’ils étaient 6ème en 2011, et en 3ème position chez les adolescents alors qu’ils étaient 5ème en 2011
 
  • Comment ?

    • Le consommateur français adhère de plus en plus à l’omni-canal : plus d’1 Français sur 3 utilise de façon combinée les magasins et Internet pour rechercher et comparer les produits (au détriment de la seule recherche sur Internet qui perd 4 points à 24% cette année) : 
        • 33% des dépenses de cadeaux seront réalisées sur Internet, 41% pour le livre !
        • Les femmes utilisent plus l’omni-canal et les hommes Internet uniquement
        • 67% des Français réaliseront la majorité de leurs dépenses de cadeaux en magasin
        • A noter que l’utilisation d’Internet est plus importante pour les produits high-tech, jeux vidéos, musique, films et livres que pour les cartes cadeaux, mode, soins et beauté, loisirs, jouets et cadeaux pour la maison 
 Pour rappel : les atouts complémentaires d’Internet et du magasin pour les consommateurs : 
    • Internet :
        • La possibilité de connaître les avis des consommateurs
        • La comparaison facile des prix
        • Le shopping peut être fait quand je veux
        • La livraison à domicile
        • Le niveau de prix
    • Magasins : 
        • La possibilité d'échanger facilement ou de retourner le produit
        • Le service après-vente
        • La sécurité du paiement
        • Le plaisir durant le shopping
        • Les conseils avisés

Vous remarquerez que les conseils arrivent en 5ème position... et 44% utiliseront les réseaux sociaux, principalement pour trouver des promotions, chercher des idées de cadeaux et lire les avis des consommateurs sur les produits

  • m-commerce ? Une utilisation encore limitée mais : 
    • Disposer d’applications mobiles adaptées est le critère n°1 pour les hommes et les jeunes alors que la sécurité du paiement l’est surtout pour les femmes et les plus de 35 ans
    • 31% des Français envisagent acheter dans le futur via leur téléphone mobile
Mais avant de passer à l'acte d'achat, l'application peut servir d'outil de préparation aux achats. Elle permet d'enregistrer in situ les livres que l'on consulte en magasin et de calculer un budget par exemple...
Dans un deuxième temps... soit on achète en magasin, soit on valide son panier... sur internet pour livraison chez soi ou en magasin de proximité (relais ou en librairie même).

Bref, il y a déjà plus d'un an que je "milite" pour cette librairie dite "omni canal", ici et ici
Certaines commencent à s'y mettre, d'autres non et pourtant la demande est là... (quelles applications en librairie à part la Fnac ?)


Le livre, 1er cadeau offert pour Noël 2012 : libraires, à vous de jouer !

Je vous souhaite de belles ventes !

vendredi 2 novembre 2012

Entre mobilité et connectivité (3) : la vente augmentée

"Après les QR codes: le supermarché en réalité augmentée"

Suite de nos zooms (ici et ici) sur le-commerce et le m-commerce, avec Influencia.

Imaginez entrer dans un magasin vide et acheter en mode augmenté.

Etrange...

En revanche, peut-être pourrions-nous imaginer un stock augmenté sur une thématique, un rayon en librairie. Tout avoir en stock est difficile, avoir un accès/choix augmenté en magasin avec possibilité d'étendre son assortiment de livres est bien plus intéressant ! 

A suivre...


vendredi 26 octobre 2012

Entre mobilité et connectivité (la suite) : la librairie virtuelle

Un précédent billet intitulé "Entre mobilité et connectivité" montrait comment le commerce s'envolait (naviguait) de plus en plus vers le cross canal virtuel des produits de grande consommation.




Je prédisais ainsi l'arrivée prochaine d'une librairie virtuelle, je ne pensais pas qu'elle arriverait aussi vite car la voici : ici






En effet, la librairie irlandaise eason vient d'installer dans la gare de Dublin la première (à ma connaissance) librairie virtuelle.
De plus comme le dit cet article, vous pouvez partager vos achats et/ou votre liste de souhaits sur votre page Facebook !

Cette solution permet un achat via smartphone (donc depuis une application et un QR code) de livres papier (e-commerce) livrable à l'adresse que l'on souhaite.
La vente d'ebooks (téléchargement) n'est pas encore à l'ordre du jour mais il est fort à parier qu'elle sera l'étape suivante !

Le choix du libraire a été de "délocaliser" cette solution dans une gare comme Carrefour et maintenant Casino (Part Dieu à Lyon), Tesco dans le métro (à Séoul), lieux de flux par excellence:





Aller chercher le client là où il se trouve, c'est une très bonne idée.
Encore une fois, le commerce en ligne n'est pas différent que celui du retail. Le commerce c'est faire venir le flux clients, qu'il soit en magasin (retail) ou en ligne (e-commerce).

J'y ajouterais aussi la possibilité via QR codes que découvrir par exemple les animations et dédicaces prévues en librairies, avec l'objectif de faire dévier ce flux vers la librairie elle-même et d'offrir ainsi une autre expérience d'achat basée sur le conseil et la convivialité.

L'équation future du commerce de détail en général et de la librairie en particulier : magasin + e-commerce (livres et ebooks) + m-commerce = librairie omni canal : réaliser des actions commerciales synergiques sur l’ensemble de ses canaux de distribution...

Le changement, c'est maintenant !

lundi 15 octobre 2012

Entre mobilité et connectivité

L'achat connecté

Le supermarché virtuel de Tesco dans le métro de Séoul :  les ventes en ligne auraient grimpé de 130% en 3 mois, et le nombre de clients e-commerce augmenté de 76%. L’application mobile aurait été téléchargée par 600 000 personnes...






Carrefour, le minimag. à la gare de Lyon Part-Dieu : aujourd'hui ce ne sont plus des QRcodes mais directement les codes-barres des produits  :



L'étape suivante est la reconnaissance par l'image : achat en un click à partir du papier, et autres fonctionnalités...
Voilà une solution intéressante puisqu'elle préserve l'idée du papier.
L'intérêt du catalogue papier est bien sûr la prise en main et la durée d'existence (quand celui-ci est bien fait) dans le foyer.
Combien de temps les catalogues de Noël en papier restent-ils sur nos tables ?
La rencontre du numérique et du papier semble ici aboutie dans le sens où, une sélection est déjà faite (le catalogue) et l'expérience d'achat est simplifiée.
J'avais déjà abordé le sujet dans mon billet "Réinventer l'objet livre"

Au client d'élargir son choix en se rendant sur le site web du commerçant.
Cette solution pourrait être idéale pour le libraire qui se doit de faire des sélections thématiques au travers de la production importante de livres.
Avec les solutions de scan par le mobile, dont j'ai déjà parlées, le client peut faire sa recherche  et son shopping en magasin avec une solution de paiement intégrée...

Mais ces solutions ne valent que si vous avez avec vous un site web qui tient la route. Or, le taux d'équipement des libraires en site d'e-commerce est, à ma connaissance de... 44%.
Etonnant pour une profession bousculée depuis bien des années maintenant par ce canal de vente : 4 milliards c'est le CA généré par internet dans le monde en 2011, à voir, ici.

Avec l'innovation qui s'accélère chaque jour, il est difficile d'imaginer la profession commerçante du livre sans site de ventes en ligne.
Mais comment faire alors que les investissements demandés sont importants ?
Mutualiser.
Il est peut-être temps que la librairie française prennent enfin de l'avance, qu'elle mutualise certains investissements afin de générer chez le client une image d'innovation sur la base de son métier : la vente de livre et de lecture et la satisfaction du client.
Car l'achat connecté de livres est pour demain...
En effet, ce que nous montre Tesco et Carrefour n'est autre que l'image du commerce (d'aujourd'hui) et de demain.
La librairie de demain ressemblera certainement à cela, un mur avec des images de couverture de livre que le client scannera après avoir eu le conseil du libraire... Ou pas.
En papier ? En numérique ? Les deux ?

L'étape suivante est l'impression à la demande (POD) que certains acteurs sont déjà en train d'explorer...

mardi 15 mai 2012

Coup de projecteur sur le commerce (librairie) connecté(e) de demain


iQMetrix, spécialiste du retail interactif et connecté, a publié une infographie sur le commerce connecté de demain.

Les librairies ressembleront-elles à ce schéma ?

Une sélection de livres papier sur les murs, des bornes tactiles de vente en ligne et du téléchargements (sur les téléphones des clients) de livres numériques (thématisées BD, romans... ?) disposées selon les rayons d'antan en wi-fi ? 
Des écrans TV pour diffuser les trailers des éditeurs et les vôtres... etc.




Donc la librairie interactive et connectée de demain pourrait ressembler à cela.
Voir aussi la dernière étude de Experian Marketing Services : les profils des consommateurs cross-canal à la loupe : 


Source : Experian Marketing Services


Et de constater que les produits culturels, dont fait partie le livre, continuent de figurer parmi les achats plébiscités en ligne :

Source : Experian Marketing Services

Ainsi, installer des bornes tactiles connectées en magasin devient une nécessité. 

Les bornes tactiles connectées, c'est :
  • offrir une expérience digitale interactive au client pour s'informer en ligne en magasin
  • permettre de connecter in situ les clients au site web du libraire, donc à plus de choix (e-commerce)
  • d'apporter une réponse immédiate au client en cas d'absence du livre en magasin
  • de commander sur internet AVEC le client. Ce qui évite de lui dire : "Vous pouvez commander sur notre site" et de le voir partir en pensant qu'il naviguera ailleurs... Partager des contenus avec le client... (fiches de lecture, avis...)
  • faire payer le client en ligne et/ou avec le smartphone (m-commerce)... : fin de la queue en caisse ?
  • Faire interagir les libraires et les clients grâce aux médias sociaux et ce, en magasin et on line
Et vous, comment imaginez-vous la librairie de demain ?
Quel lieu, pour quelle expérience du lecteur ?


Aucune restriction, que de l'imagination, avec un peu de fantaisie, de folie...


Go !

jeudi 15 mars 2012

"L'imagination au pouvoir !"

Oserais-je reprendre le slogan de mai 68 : "L'imagination au pouvoir" ?!!


La créativité au pouvoir

Le Ministère de la Culture et de la Communication et Euro RSCG C&O ont lancé une radio éphémère aux couleurs de la Carte Musique pour inviter les jeunes à vivre de nouvelles expériences musicales.
Jacques Kluger  (Mediabrands) nous parle de la La médiatisation de la narration de marque et insiste sur la créativité à adapter à chacun des médias (et des supports ?) ! J'ose à penser que le contenu n'est pas le terrain uniquement des marques, mais aussi des commerçants.


Adapter l'expérience au support

Cette présentation de l'état des lieux du Multi-écran en 2012 par CCM Benchmark est très intéressante même si elle ne parle pas du numérique embarqué dans les magasins.
Ce que je retiens dans le prolongement de Jacques Kluger, c'est la nécessité d'adapter l'expérience du contenu au support.
Je pense donc que l'adaptation du support au commerce et son produit est donc également nécessaire.
Pas facile de faire son choix...


 


Vous comprendrez que petit à petit j'oriente le futur de la librairie vers la création de contenu.
J'en suis intimement convaincu et j'y reviendrai.
Vive le contenu, vive la créativité !

Adapter l'expérience au client

Enrichir l'expérience du client en magasin, voilà la stratégie à suivre.
Il faut bien comprendre que le client aujourd'hui, que l'on dit roi (synonyme de ROI ?), a le choix.
Je vous rappelle : passer du pouvoir d'achat au vouloir d'achat.
Le vouloir d'achat, à mon sens, c'est demander et comprendre ce dont a besoin le client.
Comprendre ce dont a besoin le client, c'est la première étape à la seconde question qu'il faut absolument se poser et surtout à laquelle apporter une réponse : En quoi puis-je rendre service à mon client ?
"Comment puis-je vous rendre service ?"

Par exemple,
  • Le m-commerce, c'est "intégrer les cartes bancaires, les cartes de fidélité, le couponing dans une seule application". En revanche, je doute des "comparateurs de prix locaux", car quid de la transparence quant au prix réel/ produit et service rendus ?
  • Le cross canal et même l'omni canal, c'est "fluidifier et valoriser le parcours client" de son mobile jusqu'au magasin.

  • "Le consommateur peut également partager avec le vendeur, au niveau du point de vente physique, sa liste de produits sélectionnés sur Internet et publier sur Facebook"

 La magasin "sera  plus porteur d’expérience client et de relation complice à la marque", je dirais que l'avenir de la librairie se joue aussi et surtout sur la complicité du libraire, du vendeur,  son conseil, son point de vente avec le client.

Enfin, je vous conseille un livre (et oui, libraire, on reste libraire) :
Théodule RIBOT : Essai sur l'imagination créatrice, écrit au début du siècle !

Alors oui, l'imagination, la créativité au pouvoir !





mercredi 25 janvier 2012

Le magasin de proximité n'est pas mort !

  
Si le magasin de détail n'est pas mort, c'est que la librairie n'est pas morte non plus. 



Reste à s'orienter vers le futur des points de vente qui commence à répondre aux clients connectés. 
Le client est de plus en plus connecté et l'est parfois plus que son commerçant.
 Le commerce de proximité se doit donc de s'équiper et d'offrir encore plus de simplicité et surtout de plaisir dans l'acte d'achat.
Rappelons-le l'acte d'achat se doit d'être enrichi, positif, bref devenir une réelle expérience.
Ce qui change (ou pas) dans le monde du commerce de proximité :
  1. Le commerce connecté apporte une expérience enrichie car interactive et simplifiée (m-commerce...)
  2. Le magasin de proximité reste plébiscité par les clients, lieu d'émotion et de lien social, à partir du moment où celui-ci devient convivial et s'adapte au comportement "loisir/plaisir" du client.
  3. L'omni(tout) canal : le client a la capacité de consommer sur tous les supports, et ce partout où il se trouve : dans la rue, chez lui, dans le magasin, drive...
  4. Le vendeur connecté, c'est à dire, équipé lui-même d'un support numérique et qui pourra conseiller, accompagner (coach de vente) les ventes des produits du magasin mais aussi commander avec le client sur le site web du magasin... J'ai développé cela dans mon essai. Le choix peut se faire en magasin, mais la transaction en ligne...
 La librairie a le lieu, les produits, les équipes, les clients... 

Cf. Le furet du retail pour ceux qui souhaitent se rendre au salon du marketing point de vente.