La librairie est morte, vive la... ?

La quoi ?
Le monde de la librairie vit une mutation sans précédent, le commerce électronique et la dématérialisation du livre .
Comment les libraires doivent-ils s'adapter à cette nouvelle donne ?
Si la librairie d'aujourd'hui est morte, alors quelle sera-t-elle demain ?

mercredi 10 octobre 2012

Trois mois de silence...

Trois mois de silence après avoir exploré le futur et de plus en plus le présent de la distribution, du web 2.0, du numérique et de la librairie...
Imaginer quelle sera la librairie de demain qui se doit d'évoluer, de s'adapter face à des concurrents internationaux et surpuissants (AAG).

Prendre la parole sur le net et tenter de faire converger ces domaines n'est pas chose facile.
Parfois, on a l'impression d'avoir tout dit, ou peut-être de ne pas être entendu (ou lu plutôt).
Et puis, on regarde les statistiques du blog et on se dit, quand même, c'est pas si mal.

Et puis, la vie fait son œuvre, et les choses continuent à avancer, de plus en plus vite.
Le commerce opère sa mutation vers le cross canal/omni canal, le Web 2.0 vers le web 3.0, le numérique vers l'enrichi, l'augmenté dit-on même...
Quid la librairie ? Et l'édition ?

Pendant ces 3 trois mois j'ai beaucoup lu, réfléchi; j'ai bougé et visité un certain nombre de librairies (groupes et indépendants) pour "tâter" du terrain, celui dont je me suis un peu éloigné depuis quelques temps. J'ai pris les habits du client lambda et j'ai exploré la réalité de l'ebook en magasin.
Je peux dire que j'ai été de surprises en surprises...
Mais cela fera l'objet de prochains billets.
Je vous parlerai aussi de livres que peut-être vous n'avez pas eu le temps de lire...

Et puis, les chocs de la rentrée. Même si ces tribunes n'illustrent pas la généralité, le numérique continue d'attirer ses détracteurs.
Et le client dans tout ça ?

Chez certains éditeurs, une tribune : Tribune du monde du collectif des 451

"Contrainte par le critère du succès, la production d'essais, de littérature ou de poésie s'appauvrit, les fonds de librairie ou de bibliothèque s'épuisent. La valeur d'un livre devient donc fonction de ses chiffres de vente et non de son contenu." 

Chez certains libraires aussi :

"S'il y a un point qui fait consensus parmi les défenseurs du livre, c'est bien l'urgence de restaurer la fréquentation des librairies. Alors ... comment imaginer, comment prétendre sérieusement que l'on va y parvenir en développant les ventes par Internet, ou pire encore les ventes de téléchargement de fichiers numériques ?"

Et quid du droit du lecteur ?

Je rappelle ici une définition (Wikipédia):

Obscurantisme : "Le terme est exclusivement péjoratif. Un obscurantiste est une personne qui prône et défend une attitude de négation du savoir (refuser de reconnaître pour vraies des choses démontrées), de restriction dans la diffusion d'une connaissance (sans nier la véracité d'une chose, considérer qu'elle ne peut être diffusée pour des raisons de toutes sortes : intérêt personnel, craintes sociales, etc.), ou de propagation de théories dont la fausseté est avérée."

A vous de conclure...

Mais peut-être que : "Tout va très bien, Madame la Marquise" ?



 Et pourtant des projets (TEA, MO3T...etc.) apparaissent, qui prouvent que tout n'est pas perdu pour la librairie et que de nouveaux modèles sont à créer.
"Tout est à construire"
Seule interrogation, le calendrier...
Ne sera-t-il pas trop tard ?

En attendant : "Bonjour demain" :)

mercredi 27 juin 2012

Amazon à Châlon sur Saône...



« La consommation en ligne est un phénomène mondial. Il ne faut pas l’opposer à la librairie indépendante, les deux doivent cohabiter. » 
A. Montebourg





On s'est enorgueilli des créations d'emplois mais a-t-on vraiment fait les comptes ?
Combien de commerces indépendants ont-ils disparus ? 
Combien d'emplois sacrifiés ? 
Pour quel bien-être au travail ?


Pour rappel : "Amazon : l’industrialisation de la fidélisation"

"Pour comprendre l'empire caché d'Amazon, il faut prendre la mesure qu'Amazon est une industrie, dans l'acception la plus capitaliste du terme. Il suffit pourtant de se rendre dans ses entrepôts pour s'en rendre compte, relève Article XI :
"Le tableau est sombre : extrême précarité du travail, climat de chantage permanent et absence de droits, rythmes inhumains, avec vitesse redoublée d’un jour à l’autre (de 250 à 500 colis par jour, sans préavis), par une température qui dépasse les 40° et en une occasion au moins, a atteint les 45°, mesures disciplinaires aux dépens de ceux qui ralentissent le rythme ou, simplement, s’évanouissent (un rapport du 2 juin dernier évoque le chiffre de 15 travailleurs évanouis sous l’effet de la chaleur), licenciements « exemplaires » instantanés, le réprouvé étant raccompagné à la porte sous les yeux de ses collègues. Et ce n’est pas tout. Lisez-la tout entière, l’enquête. Elle en vaut la peine. La phrase-clé est prononcée par un ex-magasinier : « They’re killing people mentally and physically."

Le consommateur français utilise maintenant le canal internet pour être livré encore plus vite et sans se déplacer : commandes drive, livraisons gratuites... etc. 
Mais chez qui commande-t-il ?
Qui est Amazon ?
Amazon n'est autre aujourd'hui que l'hypermarché du 21e siècle. 
Même fonction. Seule différence : il est uniquement sur le web. (Pour l'instant).
On peut comprendre que la mairie de Châlon et le ministre du redressement productif soient ravis de cette implantation  puisque des emplois sont créés. 
Mais combien réellement ?
Et attention Mr Montebourg, merci de donner à Amazon les mêmes contraintes que les commerçants locaux, et aux libraires les mêmes facilités...
Amazon a-t-il, par exemple, reçu des subventions pour s'installer ?
Quid de la livraison gratuite sur les livres ?
Quid de la TVA ?
Etc. 

La réponse du SLF :

"Acheter en librairie, c'est la meilleure façon de soutenir localement l'emploi, l'économie et la culture."

Yes, we can

Pour comprendre Amazon :  

Amazon.com : l'Empire caché
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mardi 26 juin 2012

Qui a peur du loup ?

 


De passage à Bruxelles, au détour d'une rue, alors vêtu d'une chemise... rouge, je tombe nez à nez avec le loup...












Le Wolf, devrais-je dire...


 Depuis des années maintenant, j'encourage la profession à imaginer la librairie de manière différente, du lieu aux missions en passant par les libraires...
Je milite pour une nouvelle aventure, une nouvelle histoire de la librairie basée sur une aventure humaine entre lecteurs et libraires, et ce au-delà des livres.
Le Wolf est un exemple de nouvelle aventure de librairie jeunesse.

Le livre y tient sa place bien sûr mais bien d'autres activités et services  viennent enrichir l'expérience du lecteur/client.
Comme chez nos cousins québécois, nos cousins belges cultivent l'humour et parfois la dérision.
Travailler sérieusement sans se prendre au sérieux...

Un large sourire en entrant, une décoration époustouflante font de ce lieu une merveille de découvertes.
Les thématiques, les expos permettent de "rencontrer" de nouveaux auteurs, et de leur acheter des originaux qui viendront décorer la chambre des enfants, voire votre salon...
En entrant, donc, dans la forêt (celle des livres ?), on risque peut-être de rencontrer le Petit Poucet, à moins de vous cachez dans la cabane à la cheminée fumante...
Tiens, parlons-en de la cabane. Elle n'est autre qu'un "juke-box à histoires", et c'est en numérique que les enfants feuilletteront les albums dans l'obscurité, comme dans une salle de cinéma. Albums numérisés en collaboration avec... les éditeurs !
Bref, un rêve de librairie jeunesse !
Un petit creux (tel un ogre) ? Et c'est la cantine du Chaperon qui comble votre faim... de loup.
A l'étage, des salles sont réservées aux écoles et aux familles pour participer aux nombreux ateliers : lectures, ateliers d'illustrations, créatifs (masques, collages, origami, cuisine... etc.), avec comme animateurs les auteurs eux-mêmes ou des professionnels de l'animation !
Pendant les vacances, ce sont des stages qui sont proposés et même des ateliers pour adultes !
Il y a une véritable bibliothèque avec les sélections "coups de coeur" des libraires à consulter sur place en toute liberté (et à acheter à l'entrée).
Et donc on imagine bien offrir à nos chers enfants des fêtes et des anniversaires bien plus rigolos et intéressants que chez certains revendeurs de hamburgers.
De plus, ici, les plats sont faits "maison" !
Donc si vous avez l'occasion d'aller à Bruxelles, tentez l'expérience !

Le Wolf
20, rue de la Violette
1000 Bruxelles

Ah au fait, c'est ouvert le dimanche (bien sûr).
Merci à Muriel Limbosch et Anne Janssen de leur accueil.
Et comme elles disent, le Wolf, c'est "à deux pattes de la Grand-Place".

La librairie jeunesse est morte, vive le Wolf !

PS : musique du site web très belle !

La boutique du loup :


L'expo :

La cantine du chaperon :


La bibliothèque insolite :



Le jukebox à histoires :


vendredi 8 juin 2012

Papier, digital ou les deux ?


«Demain ne sera pas comme hier. Il sera nouveau et il dépendra de nous. Il est moins à découvrir qu'à inventer»
Gaston Berger

C'est la citation que nous trouvons en ouvrant le nouveau "livre" d'Influencia, la revue de la communication et des tendances, et qui publie sa nouvelle revue sur le thème "Innovation, pourquoi faire ?"

J'aime cette petite phrase d'Isabelle Musnik : "Premier à lancer un magazine PDF en 2004. Premier à inventer un magazine totalement interactif en 2010. Premier encore à concevoir un magazine digital en html5 consommable sur tous les supports." 
Elle résume assez bien ces dernières années en terme de publications numériques.
L'avenir au HTML5 ?
Nous y reviendrons.


Kadath, le guide numérique de la Cité Inconnue, c'est le tout nouveau livre des éditions Mnémos qui ont confié au studio Walrus la réalisation de ce LNNI, livre numérique non identifié et qui propose une lecture différente.

Pourquoi différente ?

Parce que nous n'avons plus qu'une seule lecture comme celle liée au livre papier originel, mais une lecture à différents niveaux.
Vous pouvez lire de manière linéaire comme sur le papier, mais le livre réserve ensuite de nombreuses surprises comme des pop-ups, des liens, des bonus...etc.
Le plus fort est de réserver au lecteur la possibilité d'une lecture immersive, grâce à laquelle en choisissant un des personnages vous viviez une expérience de lecture mémorable.
Vous souhaitez changer de personnages ?
Pas de problèmes, tout est prévu !
Vous comprendrez bien que la lecture est démultipliée.

Mais est-ce encore un livre ?
Dans la suite de Pottermore, puis de Sony avec son Wonderbook




Kadath poursuit l'aventure de la lecture immersive.
Voici quelques vidéos qui vont, j'en suis sûr, vous mettre la lecture à la bouche !

En images : 










PS : à la différence de ce qui est annoncé à la fin de chaque vidéo, sachez que le livre Kadath est disponible chez tous les libraires, enfin tous ceux qui vendent du livre numérique en ligne.
Cela dit en passant, je trouve intéressant que vue la "complexité" de ce livre, le conseil et l'accompagnement du libraire, pour ne pas dire la démo est peut-être essentiel !
Encore une fois, pour ceux qui doutent de l'utilité de la vente du numérique en librairie, l'expérience d'achat du lecteur via le libraire prend, à mon avis, tout son sens ici.

Bonne lecture !



lundi 21 mai 2012

BD en réalité augmentée

François Schuiten et Casterman viennent de publier la première BD en réalité augmentée.
L'aventure de la 12, locomotive à vapeur, construite dans les années 1930, la plus rapide de tous les temps.
C'est a priori une première mondiale et une collaboration franco-belge.
C'est intéressant et rappelle le billet que j'avais écrit il y a quelques mois sur l'évolution du papier : Réinventer l'objet livre

Cela montre qu'il n'y a pas que le livre numérique qui évolue même si on en parle beaucoup aujourd'hui. Le livre papier n'a pas dit son dernier mot et de constater que la convergence des deux est possible et même souhaitable.
Mais les auteurs sont-ils prêts à explorer toutes les dimensions du livre papier, numérique, et/ou papier+numérique ?

La BD est sortie en librairie le 28 avril.

Comment les libraires vont-ils s'y prendre pour argumenter la vente ?

Peut-on imaginer une vente... augmentée ?

 Je vous laisse découvrir la vidéo :

mardi 15 mai 2012

Coup de projecteur sur le commerce (librairie) connecté(e) de demain


iQMetrix, spécialiste du retail interactif et connecté, a publié une infographie sur le commerce connecté de demain.

Les librairies ressembleront-elles à ce schéma ?

Une sélection de livres papier sur les murs, des bornes tactiles de vente en ligne et du téléchargements (sur les téléphones des clients) de livres numériques (thématisées BD, romans... ?) disposées selon les rayons d'antan en wi-fi ? 
Des écrans TV pour diffuser les trailers des éditeurs et les vôtres... etc.




Donc la librairie interactive et connectée de demain pourrait ressembler à cela.
Voir aussi la dernière étude de Experian Marketing Services : les profils des consommateurs cross-canal à la loupe : 


Source : Experian Marketing Services


Et de constater que les produits culturels, dont fait partie le livre, continuent de figurer parmi les achats plébiscités en ligne :

Source : Experian Marketing Services

Ainsi, installer des bornes tactiles connectées en magasin devient une nécessité. 

Les bornes tactiles connectées, c'est :
  • offrir une expérience digitale interactive au client pour s'informer en ligne en magasin
  • permettre de connecter in situ les clients au site web du libraire, donc à plus de choix (e-commerce)
  • d'apporter une réponse immédiate au client en cas d'absence du livre en magasin
  • de commander sur internet AVEC le client. Ce qui évite de lui dire : "Vous pouvez commander sur notre site" et de le voir partir en pensant qu'il naviguera ailleurs... Partager des contenus avec le client... (fiches de lecture, avis...)
  • faire payer le client en ligne et/ou avec le smartphone (m-commerce)... : fin de la queue en caisse ?
  • Faire interagir les libraires et les clients grâce aux médias sociaux et ce, en magasin et on line
Et vous, comment imaginez-vous la librairie de demain ?
Quel lieu, pour quelle expérience du lecteur ?


Aucune restriction, que de l'imagination, avec un peu de fantaisie, de folie...


Go !

samedi 5 mai 2012

Ceci est une révolution : internet

Lire Serge Soudoplatoff, "Le monde avec internet - apprendre, travailler, partager et créer à l'ère du numérique" aux éditions Fyp, c'est commencé à prendre connaissance du bouleversement qui est en train de s'opérer aujourd'hui et ce, dans tous les domaines de la vie courante : éducation, production, distribution, commerce, information, communication, politique, social, soit un véritable bouleversement sociétal... etc.

Il en va de même pour notre métier de libraire.
Sujet que j'ai déjà abordé dans mon livre mais également sur ce blog : la capacité à créer de véritables lieux de vie et de convivialité.
Dans cette vidéo, Serge Soudoplatoff ne dit pas autre chose :





Dans mon livre, j'abordais également la nécessaire évolution du rôle de vendeur qui deviendra certainement plus un coach de vente qu'un vendeur en tant que tel.
Faire évoluer son site web vers le vendeur en boutique pour qu'il devienne non plus un concurrent mais un allié, un outil de satisfaction du client en librairie...
Le cross canal ou même l'omni canal, la capacité donc à embarquer en magasin des solutions d'aide à la vente, tablettes, bornes et partager son savoir, son expertise, son avis avec les clients en magasin et ceux sur le web...
Ce qui revient à dire, que les libraires, en s'unissant tels  Librest, Les libraires.fr ou encore 1001 libraires.com... doivent avoir une solution de choix important mais également de coopération entre eux sans se sentir systématiquement en concurrence.
Mieux vaut apporter une réponse immédiate au client en magasin plutôt que de le laisser partir sachant qu'il aura de grande chance d'aller sur... Amazon.

Mais les libraires sont-ils prêts à s'équiper d'un site internet ?
Sont-ils prêts à vendre des livres, matériels tactiles de vente en main ?
Bref, sont-ils convaincus et prêts à utiliser les outils technologiques et internet pour assurer leur survie ?
Sont-ils prêts, comme le dit Mr Soudoplatoff, à se "reformater" ?

Ce livre peut être une première étape quant à la mutation que les commerçants et donc les libraires doivent comprendre et vivre.
C'est la raison pour laquelle je milite pour la librairie interactive et connectée.

"Mobilis in mobile" !